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vendredi 29 mai 2026

L'état de droit et les Paradis fiscaux:

L'état de droit et les Paradis fiscaux: 



Considérer aussi l'État de droit comme une notion transformée en profondeur par les paradis fiscaux et autres législations de complaisance.


Les États en concurrence les uns contre les autres face à des investisseurs devenus souverains entrent tous dans la spirale du dumping fis-cal, réglementaire et judiciaire. Les paradis fiscaux et judiciaires ne sont plus seulement des États typés tels que les Bahamas, le Luxembourg ou Singapour, mais le Canada, le Delaware aux États-Unis, l'Autriche, l'Irlande et la Côte d'Ivoire. Tous « offshorisent » des pans entiers de leur législation de façon à organiser des aires administratives du laisser-faire au bénéfice de groupes indus-triels, de financiers et de grands mafieux qui opèrent depuis longtemps de façon transnationale, c'est-à-dire indépendamment des cadres étatiques.


Convenir enfin que le régime dans lequel nous évoluons maintenant ne menace plus la démocratie, mais a mis ses menaces à exécution. Nom-mons-la ploutocratie, oligarchie, tyrannie parlementaire, totalitarisme financier... Débattons de la façon dont il convient de définir les assises de ce pouvoir ultraprivé. Une chose qui le caractérise, d'où son trait certainement oligarchique, est cette faculté qu'il a de capter et d'encoder toute activité sociale de façon qu'elle s'intègre et participe au processus de capitalisation et d'enrichissement de ceux qui trônent au sommet de la hiérarchie. Que ce soit chanter, se consacrer à la philatélie, frapper dans un ballon, lire Balzac ou fabriquer des moteurs, l'oligarchie s'assure que la moindre opération socialisée s'insère dans une gestion des inscriptions et des codes qui favorisent au sommet la concentration du pouvoir. Toute activité humaine s'organise de façon à ce qu'augmente le capital de ceux qui surplombent l'agrégat d'opérations. Cela nous rend pauvres, à tous égards.


La désignation appropriée de ces régimes commande ensuite que nous y résistions si tant est que nous soyons démocrates, voire que nous voyions historiquement à les renver-ser. Dès lors, rompre avec cet ordre nouveau. Procéder à une rupture avec des logiques pernicieuses et destructives. Collectivement s'af-franchir. Rompre ensemble. Co-rompre.


À notre tour d'altérer fondamentalement le régime établi. Désormais, nous sommes la force corruptrice. II nous reste à co-rompre avec ces formes terribles pour en générer d'autres. On peut comprendre sans forcer le sens du texte que la génération relève de ce qui advient positivement d'un processus de transformation radicale. En forçant le langage, le programme politique en tension entre la corruption et la génération consiste à penser un projet politique comme une visée de transformation substantielle des choses dans une forme qui nous semble souhaitable.


Une polysémie adéquate s'installe ici, maintenant, quant à un processus de corruption qui nous endeuille des idées les meilleures que nous cultivions collectivement et la génération de carrés rouges, d'Occupy, des Printemps et des renouveaux émancipatoires, qui, malgré leurs mille défauts, continuent de chercher à ébranler et subvertir les fondements d'institutions médiocrates.



REF.: Alain Deneault, extrait du livre: La Médiocratie 

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A l'envers c'est a l'endroit ,.........vous vous en appercevrez a un moment donné !