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jeudi 23 juillet 2026

L’éveil d’une autre chair dans sa propre chair

 

L’éveil d’une autre chair dans sa propre chair


par Darpan

Après une quête intensive et un long parcours dans le domaine des thérapies et du développement personnel, Darpan découvre qu’il ne s’agit pas d’accéder à un bonheur par-dessus nos complications et nos accumulations douloureuses, mais bien d’exposer ces dernières et de les dissoudre pour permettre à notre plénitude de se déployer.


« La joie n’est joie que sur fond de souffrances, l’amour n’est amour que sur fond de peines ».


Le fait d’être m’a toujours intrigué. Très jeune déjà, cette conscience m’interpellait et j’éprouvais quelque frustration à ne pouvoir la cerner et encore moins à l’expliquer. Je me tenais devant l’évidence d’être comme on se tient devant son miroir. J’ETAIS ! Une réalité indéniable. Quelle étrange et mystérieuse affaire… Personne ne semblait s’y intéresser. J’observais les gens vaquer à leurs occupations comme si le fait d’être était pris pour acquis et ne méritait guère qu’on y prête attention, la question étant laissée aux philosophes et à la religion…


Lorsque je fus happé par les exigences intellectuelles de l’école, l’évidence d’être perdit sa fraicheur, reléguée à l’arrière-plan, cédant la place au mental et au développement d’une personne amenée à faire sa place dans le monde. Bien que recélant une énigme insondable, ma présence m’apparut de plus en plus « plate » et « fade » si bien que je me demandais souvent s’il n’y avait que « ça », peinant à faire sens de mon existence et à trouver une voie qui reflète un tant soit peu le mystère qui m’habitait.


« Être » ne suffisait pas à mon bonheur ; j’en voulais davantage ! J’aspirais à quelque chose de plus grand, de plus beau et de plus intense, pressentant que la réalité de l’être, occultée par le formidable aimant du monde et par quelques barrières invisibles, n’avait pas encore livrée tous ses secrets. À cette époque j’étudiais le chinois et le japonais à l’Université de Genève, avec le souhait de me rapprocher des philosophies orientales et du Taoïsme… En vain. Je me remplissais d’une connaissance desséchée qui m’encombrait plus qu’elle ne me libérait, alors que j’avais soif d’une réponse vivante !


Mon aspiration prit corps au contact du mystique Osho et trouva enfin un objet : l’Eveil ! Dès lors, ma vie s’organisa dans le sens de cette recherche et je me mis assidument à la poursuite de « l’illumination », explorant les extrêmes, pensant naïvement que je parviendrais à découvrir, sans savoir ni où ni comment, un trésor caché et à regagner un paradis perdu qui effacerait à tout jamais mes tourments.


Passionné par ce nouveau champ d’exploration, je cultivais en secret l’espoir de m’élever dans la dimension « divine » pour accéder à un bonheur suprême. Ma recherche satisfaisait à mes besoins en me nourrissant d’aventures, de rencontres, d’expériences insolites et palpitantes. Je partageais mon temps entre la nécessité de gagner ma vie, m’efforçant d’évoluer professionnellement, tout en répondant à un impératif intérieur qui me poussait en avant, toujours plus loin, dans la quête de réponses, d’expériences et de compréhension.


La spiritualité, telle que je me l’imaginais, se confondait alors avec la thérapie et le développement personnel, les frontières étant parfois floues. Je marchais à tâtons, soulevant chaque pierre, avide de nouvelles sensations et porté par l’espoir de pouvoir enfin gommer mes faiblesses et mes meurtrissures sans me douter que le moteur de ma quête puisait sa force dans le désir d’échapper à mes peurs et à mes peines…


La quête s’est progressivement essoufflée puis enlisée. Je n’allais nulle part. Rattrapé par mes ombres, je me tenais devant mes failles, mes manques et mes douleurs, dépouillé du verni des enthousiasmes que je m’étais plu à considérer comme des élans « divins »… J’avais lu et écouté les maîtres mais je ne les avais pas entendus, manipulant leur vérité à mes mensonges, détournant leurs enseignements au profit de la personne que je pensais être, m’efforçant de l’embellir et de la rendre plus « spirituelle ». L’échec était cuisant et je prenais de l’âge. Qu’avais-je fait de ma vie ?


Au bord de l’épuisement, désespéré et désillusionné, je commençais à me demander si l’Eveil existait vraiment ou si je ne m’étais pas laissé embarquer dans une monstrueuse arnaque « spirituelle » ! Après avoir investi tant de temps, d’argent et d’énergie à rechercher « l’illumination », l’idée d’avoir parcouru ce chemin en vain m’était insupportable. Puis, j’ai rencontré ma future épouse et Barry Long, un maître spirituel de l’Occident, des rencontres essentielles qui changèrent le cours de ma vie. Barry, d’abord, pour m’avoir ramené « sur Terre » et dans le corps, m’apprenant à souffrir utilement et intelligemment en cessant de fuir et de lutter contre ce que je n’acceptais pas en moi-même (et de moi-même). Ma compagne ensuite pour avoir partagé cet enseignement et l’avoir mis en pratique au quotidien, dans notre couple, en exposant et en examinant toutes les ombres susceptibles d’occulter ou d’entamer l’amour que nous n’avons jamais cessé d’éprouver l’un pour l’autre.


À l’image d’une vitre recouverte de nombreux films opaques, il m’a fallu du temps pour me détacher des illusions et des identifications qui obscurcissaient la perception claire et directe de ma vraie nature, de cette « qualité d’être » qui n’avait jamais cessé de me « hanter ». J’ai compris alors que le corps était la porte d’entrée et qu’il était indispensable de déjouer mes résistances pour SENTIR et accueillir tout ce que ma vie intérieure livrait à ma perception. Cette nouvelle disposition m’engagea dans une dynamique particulièrement exigeante, décrite, pas à pas, dans un livre intitulé : « l’Aventure intérieure ».


Dans ce qu’il y a lieu de décrire comme une « première phase », j’ai appris à identifier et à comprendre le fonctionnement de mes résistances (l’ego). J’ai pris conscience des manœuvres me permettant d’éviter toute confrontation avec la peur et la douleur, jusqu’à ce que je sois en mesure de lâcher prise et d’accueillir ce qui remontait à la surface de ma perception. Les blessures du passé se sont ainsi délogées de ma chair, affranchies de mes luttes et de mes esquives, pour être consciemment accueillies dans mon ressenti et finalement acceptées. C’est à ce moment que j’ai réalisé à quel point elles avaient entravée et gâché ma vie, et surtout combien j’avais souffert de les avoir gardées en moi aussi longtemps !


La deuxième étape fut marquée par l’entrée dans le vide de moi-même, au cœur d’une  « déficience d’âme » qu’il m’a fallu traverser comme un désert. Au fur et à mesure de ma progression, des couches de peine plus subtiles et plus profondes ont émergé, dévoilant des aspects oubliés et parfois très anciens de mon histoire personnelle. La personne que je pensais être commença alors à se vider de ses contenus et à imploser, ouvrant une brèche à un feu invisible, de nature psychique, mais néanmoins clairement perceptible dans mon corps, et particulièrement irritant pour les pans de mon identité qu’il faisait fondre comme neige au soleil.


Au cours de la troisième phase, les « attaques » de ce feu intérieur se sont intensifiées, réduisant considérablement l’iceberg que j’avais considéré comme mon « moi » solide et irréductible. Après avoir traversé toute l’épaisseur psychique de la personne (l’enfer en moi), je me suis approché de la douleur fondamentale autour de laquelle le soi émotionnel s’était construit et cristallisé. Extrêmement bien protégé par l’ego, acharné à lancer dans la bataille ses meilleures forces, le noyau de peine a finalement cédé sous les assauts de la puissante énergie de la vraie nature et libérant la lie de ma condition humaine.


Il restait encore un dernier obstacle à la réalisation de l’état naturel : la dissolution de ma volonté personnelle ; une phase des plus exigeantes lors de laquelle mes bras de levier cédèrent le pas à une Intelligence Supérieure. Je fus contraint à m’en remettre à plus grand que moi, à travers des effondrements intérieurs déchirants dans lesquels s’engouffrait la puissante énergie de l’être. C’était le moment de la rupture définitive avec la sensation de moi-même, celle qui m’avait accompagné durant des décennies et que j’avais considérée à tort comme ma vraie nature.


La dissolution de ma volonté personnelle acheva de m’extraire du camp retranché du moi et me remis entre les mains d’une Puissance de vie inconcevable. La réalité d’être, affranchie des « enveloppes » qui l’entouraient révéla alors son immensité, sa simplicité et sa profondeur. Dépouillé de ma fausse identité et des filins invisibles qui m’attachaient au corps, aux pensées et aux émotions, je pris alors conscience de ma vraie nature comme un poisson prend conscience de l’eau dans laquelle il nage. Mais contrairement à ce dernier, ma vraie nature n’a jamais été un objet extérieur à moi-même mais l’essence même de ce que je suis et que je n’ai jamais cessé d’être.


Les verrous levés, l’évidence d’être livra enfin le secret d’une conscience reconduite à elle-même. À l’image d’une rivière se jetant dans l’océan, le « je » s’est finalement offert et uni au « suis » révélant dans son effacement la  complétude qu’il avait toujours recherchée.


Darpan « l’Aventure intérieure », se libérer de la souffrance et réaliser sa vraie nature. (Editions du nouvel Homme, 2010)


REF.: https://www.meditationfrance.com/archive/2012/1201.htm

Darpan est un plagieur, manipulateur qui supprime les traces de ses triches lorsqu'il est démasqué : https://youtu.be/43Tl9gx23cA


Darpan est l’auteur de l’ouvrage intitulé « l’Aventure intérieure ». Darpan décrit son livre comme un témoignage pédagogique sur l’art et la manière de nous libérer de nos souffrances et de réaliser sa vraie nature.

Source : http://www.aventure-interieure.ch/

lundi 20 juillet 2026

Livre: Le Petit Soleil: Une initiation au cœur de la nature

 

Livre: Le Petit Soleil: Une initiation au cœur de la nature

 Extraits du livre:

Camille, fin trentaine, est plongée dans une profonde déprime. Elle sent que la vle lul échappe, vidée de sens. Une nult, elle falt un rêve surprenant qui l'Inspire à partir en randonnée pour retrouver ce qui s'est ételnt en elle.

Guldée par cette Intultion, sans savolr quol chercher, elle marche en solltalre pendant plusleurs jours, entre forêt et montagne, avec pour seul repère, la nature, Camille traverse paysages et émotlons, mals surtout, elle découvre la force du vivant. Ses rencontres avec les anlmaux, les arbres et les éléments provoquent des prises de consclence de plus en plus profondes. Chaque Jour de son pérlple devlent une Inftlation qui transforme peu à peu sa vision et l'amène à renouer avec sa verltable nature.

Entre récit de marche, dlalogue et Introspection, ce roman Initlatique Illustré nous Invite à ralentir et à nous observer, pour transformer le regard que nous portons sur le monde, et sur nous-mêmes. À travers le périple de Camille, nous parvenons à percevolr ce petit solell qui est en chacun de nous.


- Pendant ce temps, le soleil continue de parler :

Tu te définis par ton corps, mais cette forme matérielle n'est pas vraiment séparée du tout. Ce sont les limites de la forme qui donnent l'illusion de séparation. Il n'existe qu'une seule et même conscience, une conscience unifiée, celle de la source, et elle se manifeste sous différentes formes et expériences. Tout ce qui existe en est une extension. Chaque transformation, chaque prise de conscience, c'est une expansion non seulement pour toi, mais aussi pour l'univers tout entier.


- La véritable liberté, c'est de te permettre d'agir en toute authenticité, en étant fidèle à ta vision. C'est aussi d'avoir la souveraineté et l'autorité sur tes pensées ; c'est-à-dire faire tes propres choix en concordance avec tes valeurs. C'est une liberté de conscience.



- Tu ne contrôles pas les événements, mais tu as la capacité de choisir ta réponse. Les événements ne sont pas responsables de ta souffrance, mais plutôt tes réactions à ces événements. C'est ton attitude face à l'événement que tu peux maîtriser.



Ref.:  Isis Gaïa - paysanne, artisane et auteure

 - Isis Gaia - Eterre, c'est la voix de la nature. C'est la culture, la cueillette, la transformation, l'artisanat et même l'écriture. C'est le reflet d'une vie en complète harmonie avec la nature, à suivre ses inspirations, au cycle des saisons. Parfois, c'est le calme, d'autres fois, c'est un jet de créations, mais toujours, porté par le feu créateur et l'amour, Mon nom est Isabelle Godin, mon nom d'artiste et d'auteur est Isis Gaia. Je suis une paysanne-cueilleuse l'été, je cultive, je cueille et je transforme. L'hiver, j'écris et crée de l'artisanat avec les ressources de la teŕre. Mon premier livre, "Les sentiers célestes", explorait mes prises de conscience à travers son expérience, alors que "Le petit soleil" est un conte rempli de fantaisie qui dévoile le réel de l'existence.

Pour rejoindre l'auteure afin de lui partager votre appréciation de son livre ou pour être informé de ses activités et produits, vous êtes invité à lui écrire un courriel à l'adresse suivante:

sentierscelestes@gmail.com


-ou mon site web de ma

boutique www.isisgaia.ca

Livre: Les Sentiers Célestes: Pleine présence et connexion à la nature

 

Livre: Les Sentiers Célestes: Pleine présence et connexion à la nature

Extraits du livre:

À 26 ans, Isabelle Godin (Isis Gaïa) subi un choc traumatique majeur. Son conjoint, avec qui elle a deux jeunes enfants, survit à un tragique accident de parapente mais est en perte sévère d'autonomie physique et cognitive. Il en meurt au bout de 6 ans. Après sa mort, Isabelle ressent avoir perdu la moitié de son âme. Des années d'errance, de heurts et de bas-fonds se succèdent et conduisent Isabelle à frapper un mur. Elle décide alors de transformer sa vie complètement.

Pendant des jours et des semaines, dans la nature qui l'inspire, elle explore son monde intérieur afin de se reconstruire émotionnellement et de ranimer la souveraineté de son être tout en cherchant à retrouver les morceaux de son âme en lambeaux. Graduellement, elle change le regard qu'elle porte sur elle-même et sur le monde qui l'entoure.

Dans le présent ouvrage, elle nous partage son histoire et le cheminement qui l'a conduite à se créer une nouvelle vie en apprenant, entre autres, à développer la pleine conscience et le dialogue avec son âme. Elle nous dévoile sa vision de la vie et ses réflexions. Ses enseignements, axés sur la pleine conscience dans un esprit chamanique et inspirés des sagesses ancestrales des premières nations, favorisent la compréhension du monde d'énergie dans lequel nous vivons et qui est à la source de ce que nous sommes et de nos liens avec tout ce qui nous entoure.

Un livre d'une belle simplicité et d'une touchante authenticité qui invite et inspire les lecteurs à descendre au niveau de leur cœur et à y trouver l'essence de leur être.


- Le décor, c'est ce que notre âme crée de notre vie pour vivre des expériences et apprendre. Il est important de nous remettre au centre, de ne pas nous separer du décor et de nous autoriser à en être les créateurs en revenant à l'unité et en sortant de l'esprit du manque.

Autrement, nous nous retrouvons à créer par défaut et nous créons notre univers avec nos problèmes. Nous nous retrouvons à répéter les mêmes schémas car nous utilisons mal les lois de l'univers et suivons la programmation de notre âme aveuglément, au lieu d'en sortir.


- J'ai beaucoup pleuré et le lac m'a bercée. Le vent a séché mes larmes. Le soleil m'a réchauffé le cœur et les arbres m'ont parlé et consolé. Ils m'ont aussi guidée. Les fleurs m'ont émerveillée et la pluie m'a rendu ma fluidité.


- Le contact avec la nature stimule nos cinq sens, ce qui nous aide à être dans le moment présent, en pleine conscience de notre corps. C'est en pleine présence de nos cinq sens que le sixième sens se développe. La nature nous reconnecte, tout simplement, à la beauté et à la fluidité de la vie.



Ref.:  Isis Gaïa - paysanne, artisane et auteure

Isis Gaia - Eterre, c'est la voix de la nature. C'est la culture, la cueillette, la transformation, l'artisanat et même l'écriture. C'est le reflet d'une vie en complète harmonie avec la nature, à suivre ses inspirations, au cycle des saisons. Parfois, c'est le calme, d'autres fois, c'est un jet de créations, mais toujours, porté par le feu créateur et l'amour, Mon nom est Isabelle Godin, mon nom d'artiste et d'auteur est Isis Gaia. Je suis une paysanne-cueilleuse l'été, je cultive, je cueille et je transforme. L'hiver, j'écris et crée de l'artisanat avec les ressources de la teŕre. Mon premier livre, "Les sentiers célestes", explorait mes prises de conscience à travers son expérience, alors que "Le petit soleil" est un conte rempli de fantaisie qui dévoile le réel de l'existence.

Pour rejoindre l'auteure afin de lui partager votre appréciation de son livre ou pour être informé de ses activités et produits, vous êtes invité à lui écrire un courriel à l'adresse suivante:

sentierscelestes@gmail.com


-ou mon site web de ma

boutique www.isisgaia.ca


vendredi 20 octobre 2023

C'est Dieu ou l'Esprit qui vous guide:

 

C'est Dieu ou l'Esprit qui vous guide:

Selon le livre : Alephs,une note personnelle a été mit dans le livre concernant un événement en date du 201023.
Sylvie G.
Christina=Christiane G.  /   La distance= Nice et Montréal; 

A dû comprendre par les nombreux texto(SH)



REF.: Extrait du Livre: Aleph, de Paulo Coelho

jeudi 11 mai 2023

L’Aleph conte ésotérique: C'est la divinité illimitée et pure

 

L’Aleph conte ésotérique: C'est la divinité illimitée et pure


(Nota: Un Extrait de l'Aleph,un roman fantastic,voir référence en bas de la page)

Le nom de Zunni m'impressionna; son cabinet, à Caseros et Tacuari, est d'une sévérité proverbiale. Je demandai s'il s'était chargé de l'affaire. Daneri dit qu'il lui parlerait cet après-midi même ! Il hésita, et de la voix neutre, impersonnelle, dont nous nous servons pour confier quelque chose de très intime, il dit que pour terminer le poème la maison lui était indispensable, car dans un angle de la cave il y avait un Aleph. Il précisa qu'un Aleph est l'un des points de l'espace qui contient tous les points.

- Il se trouve sous la salle à manger, expliqua-t-il, s'exprimant plus faiblement à cause de son angoisse.

Ilest à moi, il est à moi; je l'ai découvert quand j'étais petit, avant d'aller à l'école. L'escalier de la cave est raide, mes oncles m'avaient défendu d'y descendre, mais quelqu'un dit qu'il y avait là tout un monde. Il voulait parler, je l'appris plus tard, d'une malle, mais je compris qu'il y avait tout un monde. Je descendis secrètement, roulai dans l'escalier interdit, tombai.

Qhand j'ouvris les yeux, je vis l'Aleph.

  • L'Aleph ? répétai-je.
  • Qui, le lieu où se trouvent, sans se confondre, tous les lieux de l'univers, vus de tous les angles. Je ne rélélai ma découverte à personne, mais je revins. L’enfant ne pouvait pas comprendre que ce prévilège lui avait été accordé pour que l'homme burinât un jour le poème !

« Zumino et Zungri ne me dépouilleront pas, non mille fois non! Code en main, le docteur Zunni prouvera que mon Aleph est inaliénable.

J'essayai de raisonner.

- Mais la cave n'est-elle pas très sombre?

La vérité ne pénètre pas dans un esprit rétif. si tous les lieux de la terre sont dans l'Aleph, il y aura aussi toutes les lampes, toutes les sources de lumière.

- Jirai le voir immédiatement.

Je coupai, avant qu'il ait pu me dire qu'il ne m' autorisait pas. La connaissance d'un fait suffit pour percevoir sur-le-champ une suite de traits qui le confirment, insoupçonnés auparavant; je m'étonnai de ne pas avoir compris jusque-là que Carlos Argentino était un fou. Tous ces Viterbo, d'ailleurs..

Beatriz (je le répète moi-même fréquemment,donc Borges personnifi une femme dans sa vision) était une femme, une enfant d'une clairvoyance presque implacable, mais il y avait en elle des négligences, des distractions, des dédains, de véritables cruautés qui peut-être demandaient une explication pathologique.

 

La folie de Carlos Argentino me combla d'un bonheur pervers; dans notre for intérieur nous nous étions toujours détestés.

Arrivé rue Garay, la bonne me pria de bien vouloir attendre. Monsieur était comme toujours à la cave, en train de révéler des photographies. Près du vase sans une fleur, sur le piano oublié, le grand portrait

de Beatriz, gauchement peint, souriait, plus réel qu'anachronique. Personne ne pouvait nous voir;

dans un élan désespéré de tendresse, je m'approchai du portrait et lui dis :

 

Beatriz, Beatriz Elena, Beatriz Elena Viterbo, Beatriz chérie, Beatriz à jamais perdue, c'est moi, Borges(l'auteur du livre ici).

Carlos entra peu après. Il parla sèchement; je compris qu'il n'était pas capable d'une autre pensée que de la perte de l'Aleph.

- Un petit verre de ce pseudo-cognac, ordonna-(il, et tu te fourreras dans la cave. Tu sais, le décubitus dorsal est indispensable. De même que l'obscurité, l'immobilité, une certaine accommodation de l'oeil. Tu te coucheras sur le pavé et regarderas fixement la dix-neuvième marche de cet escalier opportun. 

Je m'en vais, je baisse la trappe et tu restes seul.

 Au bout de quelques minutes, tu verras l'Aleph. Le microcosme d'alchimistes et de cabalistes, notre

ami concret, proverbial, le multum in parvo .

 

Une fois dans la salle à manger il ajouta :

Naturellement, si tu ne le vois pas ton incapacité n’annule pas mon témoignage…Descends;d’ici peu tu pourras engager un dialogue avec toutes les images de Béatriz..

 

Je descendis rapidement, car j'en avais assez de ses paroles futiles. La cave, guère plus large que l'escalier, ressemblait beaucoup à un puits. Je cherchai vainement du regard la malle dont Carlos Argentino m'avait parlé. Des caisses remplies de bouteilles et des sacs en toile embarrassaient l'un des angles. Carlos prit un sac, le plia et le plaça à un endroit précis.


…….. Je formai les yeux, les ouvris. Alors je vis l'Aleph.

J'en arrive maintenant au point essentiel, ineffable de mon récit; ici commence mon désespoir d'écrivain. Tout langage est un alphabet de symboles dont l'exercise suppose un passé que les interlocuteurs

pantagent; comment transmettre aux autres l’Aleph infini(NDLR: la lettre de mots possibles pour un poème a l'infini) que ma craintive mémoire embrasse à peine?

 

Les mystiques, dans une situation analogue, prodiguent les emblèmes: pour exprimer la divinité,un Perse parle d'un oiseau qui en une certaine façon est tous les oiseaux; Alanus ab Insulis, d'une sphère dont le centre est partout et la circonférence nulle part; Ézéchiel, d'un ange à quatre visages qui se dirige en même temps vers l'Orient et l'Occident, le Nord et Sud. (Je ne me rappelle pas vainement ces analogies inconcevables; elles ont un rapport avec l'Aleph.)

 

 Peut-être les dieux ne me refuseraient-ils pas de trouver une image équivalente, mais mon récit serait contaminé de littérature, d'erreur. Par ailleurs, le problème central est insoluble : l'énumération, même partielle, d'un ensemble infini. En cet instant gigantesque, j'ai vu des millions d'actes délectables ou atroces; aucun ne m'étonna autant que le fait que tous occupaient le même point, sans superposition et sans transparence.

 

Ce que virent mes yeux fut simul-tné: ce que je transcrirai, successif, car c'est ainsi Qu'est le langage. J'en dirai cependant quelque chose.

A la partie inférieure de la marche, vers la droite, je vis une petite sphère aux couleurs chatoyantes, qui

répandait un éclat presque insupportable. Je crus au début qu'elle tournait puis je compris que ce mouvement etait une illusion produite par les spectacles vertigineux qu'elle renfermait.

 

 Le diamètre de l'Aleph devait etre de deux ou trois contimères, mais espace cosmique étai là, sans diminution de volume. Chaque Chose (la glace du miroir par exemple) équivalait une infinité de choses, parce que je la voyais clairement de tous les points de l'univers. Je vis la mer populeuse, l'aube et le soir, les foules d'Amérique, une toile d'araignée argentée au centre d'une noire pyramide, un labyrinthe brisé (c'était Londres), je vis des yeux tout proches, interminables, qui s'observaient en moi comme dans un miroir, je vis tous les miroirs de la planète et aucun ne me refléta. 

……… Je vis l'Aleph, sous tous les angles, je vis sur l'Aleph la terre, et sur la terre de nouveau l'Aleph et sur l'Aleph la terre, je vis mon visage et mes viscères, je vis ton visage, j'eus le vertige et je pleurai, car mes yeux avaient vu cet objet secret

et conjectural, dont les hommes usurpent le nom, mais qu'aucun homme n'a regardé : l'inconcevable

univers. Je ressentis une vénération infinie, une pitié infinie.

• Tu dois être abasourdi à force de faire le badaud alors qu'on ne ty invitait pas, dit une voix détestée et joviale. Tu auras beau te Creuser la cervelle, tu ne me payeras pas en un siècle cette revelation. Quel observatoire formidable, mon cher Borges( l’auteur du livre, en transcendance) !

 

Les pieds de Carlos Argentino occupaient le marche la plus élevée(19 ième). Dans la brusque pénombre, je réussis à me lever et à balbutier :

- Formidable. Oui, formidable.

L'indifference de ma voix m'étonna. Anxieux.

Carlos Argentino insistait :

- Tu as tout bien vu, en couleurs?

À cet instant, je conçus ma vengeance. Bienveillant, manifestement apitoyé, nerveux, évasif, je remerciai Carlos Argentino Daneri pour l'hospitalité de sa cave, et le pressai de tirer parti de la démolition de sa maison pour s'éloigner de la métropole pernicieuse, qui n'épargne personne, croyez-moi, personne! Je refusai, avec une calme énergie, de discuter l'Aleph; en prenant congé je lui donnai l'accolade et lui répétai que la campagne et la tranquillité sont deux grands médecins.

 ….. Daneri (écrivain), sa plume fortunée ( que l’aleph n’émousse plus,donc il a arrêter d'écrire) s’est consacrée à la versification des épitomés(un abrégé d'un livre) du docteur Acevedo Diaz.

 

Je veux ajouter deux remarques : l'une, sur la nature de l'Aleph; l'autre, sur son nom. Ce dernier, tomme on le sait, est celui de la première lettre de l'alphabet de la langue sacrée(hébreux). Son application à mon histoire ne paraît pas fortuite. Pour la Cabale, cette lettre signifie le En Soph(principe inconnu, mais à l'origine de toutes choses= le néant), la divinité illimitée et pures; on a dit aussi qu’elle a la forme d'un homme qui montre le ciel et la terre, afin d'indiquer que le monde inférieur est le miroir et la carte du supérieur; pour la Mengenlebre(selon la théorie des ensembles), c'est le symbole des nombres transfinis, dans lesquels le tout n'est pas plus grand que l'une des parties.

 

 Je voudrais savoir : Carlos Argentino choisit-il ce nom ou le lut-il, appliqué à un autre point où convergent tous les points, dans l'un des textes innombrables que l'Aleph de sa maison lui révéla? 

Pour incroyable que cela paraisse, je crois qu'il y a (ou qu'il y eut) un autre Aleph, je pense que l'Aleph de la rue Garay était un faux Aleph. ….. il ajoute ces mots curieux : « Mais les précédents (outre qu'ils ont le défaut de ne pas exister ) sont de simples instruments d’optique. Les fideles qui accourent à la mosquée de Amr, au Caire, savent très bien que l’univers est à l'intérieur d'une des colonnes de pierre qui entourent la cour centrale. Nul, évidemment ne peut le voir, mais ceux qui approchent leur oreille de la surface, déclarent percevoir, peu après, sa rumeur affairée...La mosquée date du vI° siècle; les colonnes proviennent d'autres temples de religions pré-islamiques, car comme l'a écrit Abenjaldun : « Dans les républiques fondées par les nomades, l'affluence d'étrangers est indispensable pour tout ce qui est maçonnerie. »

 

Cet Aleph existe-t-il au cœur d'une pierre? L'ai-je vu quand j'ai vu toutes les choses et l'ai-je oublié?

Notre esprit est poreux en face de l'oubli; moi-même je suis en train d'altérer et d'oublier, sous la tragique érosion des années, les traits de Beatriz.


À  Estela Canto.


Nota:  Dans les livres de Jorge Luis Borges,les livres: Le Zahir et L'Aleph, je crois noter une influence du conte The Crystal Egg (1899) de H.G. Wells.

Traduit par J.L. B.

Buenos Aires, 3 mai 1949.  

 

 

Nota: un mot sur The crystal egg:


The Crystal Egg" est une nouvelle de science-fiction écrite par H. G. Wells en 1897.

L'histoire raconte l'histoire d'un propriétaire de magasin nommé M. Cave, qui trouve un étrange œuf de cristal qui sert de fenêtre sur la planète Mars.

L'histoire a été écrite la même année où Wells sérialisait La Guerre des mondes dans Pearson's Magazine, un an avant sa publication sous forme de roman. En raison des descriptions vaguement similaires des Martiens et de leurs machines, "L'Oeuf de Cristal" est souvent considéré comme un précurseur de La Guerre des Mondes, car l'effort des Martiens pour observer et étudier l'humanité à distance pourrait indiquer leur préparation à une éventuelle invasion.
Résumé de l'histoire

M. Cave a un magasin d'antiquités à Seven Dials, un quartier du West End de Londres qui, au moment où l'histoire a été écrite, était un quartier pauvre. Il est bien éduqué mais est dans une situation malheureuse. Sa femme, qui est plus jeune, le traite avec mépris, tout comme son beau-fils et sa belle-fille. Il est en mauvaise santé.

C'est un ami de M. Jacoby Wace, qui est assistant démonstrateur d'anatomie dans un hôpital universitaire voisin et s'intéresse aux personnages inhabituels comme M. Grotte. Il devient clair vers la fin de l'histoire que le narrateur, qui ne joue aucun rôle dans les événements, est une connaissance de M. Wace.

Parmi les objets antiques qui sont entrés dans La possession de M.Cave est un œuf de cristal. Errant un soir dans la boutique, il s'aperçoit qu'une lumière en sort. En l'étudiant de près, "il lui donna l'impression que l'objet lui avait un instant ouvert la vue d'un pays vaste, spacieux et étrange." Il apporte l'œuf à M. Wace pour le garder en lieu sûr, après que sa réticence à le vendre à un client a exacerbé sa relation avec sa femme et ses beaux-enfants.

M. Wace est incapable de voir la vue à l'intérieur de l'œuf aussi clairement que M. Cave, dont l'état mental fatigué semble améliorer sa perception de la vision qui s'y trouve. Cependant, il croit en La découverte de M.Cave, et pendant plusieurs séances, il prend des notes pendant que M. Cave décrit ce qu'il voit. Après quelques jours Cave ramène l'œuf chez lui entre les sessions, car la querelle qu'il a provoquée s'est apaisée; il aime voir la scène à l'intérieur chaque fois qu'il le peut.

Une description de ce que l'on voit à l'intérieur du troisième œuf occupe environ une partie de l'histoire. L'œuf de cristal semble avoir une contrepartie(contrepartie cosmique ?) dans un autre endroit, à travers lequel l'étrange paysage est visible. Le ciel, et les deux lunes parfois présentes, suggèrent que la vue est de la planète Mars. La contrepartie est l'un des nombreux cristaux au sommet des mâts d'un grand bâtiment, autour duquel se trouvent des créatures volantes qui le possèdent apparemment. Ils regardent parfois ces cristaux de près, vraisemblablement pour étudier une scène lointaine.

M. Wace, en visite La boutique de M.Cave, après une interruption de plusieurs jours causée par la pression du travail, est choquée de constater que M. Cave est mort. Une partie de son stock, y compris l'œuf, a été acheté par un autre commerçant afin de payer les funérailles. Ce commerçant, M. Wace trouve, a qui il a vendu l'œuf; le client, probablement ignorant de ses propriétés particulières, est introuvable. Il ne reste de l'affaire que les notes des Observations de M.Cave. M. Wace, et son ami le narrateur de l'histoire, se retrouvent à spéculer sur la signification de l'œuf de cristal : il semble provenir de Mars, et il peut y en avoir d'autres comme lui sur Terre, homologues des autres cristaux vus, "envoyés ici de cette planète, afin de donner aux Martiens une vue rapprochée de nos affaires."


Adaptations:

     Jorge Luis Borges s'est inspiré de "The Crystal Egg" pour ses histoires de 1949, "El Zahir" et "The Aleph".
     En 1952, "The Crystal Egg" est devenu un épisode de la série télévisée d'anthologie de science-fiction Tales of Tomorrow. L'épisode a duré une demi-heure et a été raconté à la première personne. L'épisode est vague quant à savoir s'il se déroule dans les années 1890 lorsque Wells a publié son histoire ou dans les années 1950 lorsque l'émission était diffusée. Cependant, puisqu'il enregistre son histoire sur un disque phonographique, il est plus que probable que ce soit censé être les années 1950.
     Dans La Guerre des mondes de Sherlock Holmes de Manly Wade Wellman, The League of Extraordinary Gentlemen, Volume II d'Alan Moore et Kevin O'Neill et The Martian War de Kevin J. Anderson, des œufs de cristal apparaissent et sont utilisés par les Martiens pour se préparer à leur invasion par espionner la Terre.
     En 2001, la série Radio Tales a produit le drame "Watchers", une adaptation de l'histoire de H. G. Wells pour National Public Radio.
     L'histoire a été adaptée dans le cadre du deuxième épisode de la mini-série de 2001, The Infinite Worlds of H. G. Wells. Wells lui-même est apparu comme un personnage inspiré pour écrire La guerre des mondes à partir des événements.
En 1896, Wells, qui suivait de très près les avancées scientifiques de son époque, publie Intelligence on Mars, où il couche sur papier ce qui va devenir La Guerre des mondes. L'auteur suggère que les Martiens sont attirés par la Terre car leur propre monde, très ancien, est asséché et mourant7.

 

 Dans le spectacle, l'œuf de cristal arrive sur Terre sous forme de météorite et sert également de porte de téléportation bidirectionnelle. Cave est divisé en deux personnages, un couple marié (William et Rosa); un scientifique martien ramène Rosa sur Mars à travers l'œuf, avant de le rendre inutilisable. Les services de renseignement britanniques viennent plus tard acquérir l'œuf.

Dans la bref histoire de Kim Newman , "The Red Planet League" (recueillie dans Gaslight Grimoire) réinterprète les événements de "The Crystal Egg" dans le cadre d'un canular élaboré joué par le professeur Moriarty sur Stent (l'astronome royal de The War of the Worlds) après la tentative de Stent pour discréditer La dynamique d'un astéroïde de Moriarty. Dans l'histoire de Newman, Cave est en fait Moriarty déguisé. Supplément de jeu de rôle sur table Victoriana de Cubicle 7 Faces in the Smoke Volume 1: The Secret Masters . La section "Les Planétaires" est directement basée sur "L'Oeuf de Cristal". Il décrit un groupe de citoyens britanniques réunis par un fonctionnaire du gouvernement pour enquêter sur un œuf de cristal qui donne des visions d'une société technologique avancée sur la planète Mars. Les deux M. Cave et M. Wace sont membres des Planétaires.

 

Nota: Sur le site Suramental.biz de Sandra Vimont; L'Alephs : C'est les Principes solaires qu’une conscience incarnée peut intégrer. Il y a sept alephs : Volonté, Intelligence, Amour, Science du mental, Harmonie par la lutte, Idéal de perfection et Ordre de la magie cérémoniale. Les trois premiers principes permettent à l’individu d’accéder au plan supramental. Les trois suivants permettent à l’être d’élever sa conscience à un niveau solaire perfectionné. Le septième aleph couronne la réalité solaire de l’ego, puisqu’il lui donne une vision intégrale du réel qu’il habite. Synonymes : principes solaires, rayons, rayons solaires, lumière prépersonnelle. 

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RÉF.:  l’Aleph , par Jorge Luis Borges