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mardi 9 juin 2026

 Le changement de paradigme: Le contact avec l’esprit universel :


Certains disent: Mois je suis aussi en attente de voir l'impact de cette fusion, vivement que tout se passe bien!

Moi je crois que : Lorsque les corps seront prêt, ce sera un changement de paradigme, où le contact entre l'égo et le plan de l'esprit sera sublimé , sans diffraction, pour entrer en contact direct avec l'esprit universel ! Ce sera mondial pour pas dire planétaire, car ça conserve notre multivers!

Citation de Sandra 

L'impact de la fusion atomique de l'homme et de la femme sera mondial...Ce qui explique la nervosité des esprits face à cette actualisation qui s'en vient.



Réf.: https://www.facebook.com/share/1LqLKDk2cq/?mibextid=wwXIfr D’une citation de Sandra Vimont,

Sandra Vimont

www.supramental.biz

mercredi 3 juin 2026

Poème: Rémanence néon

Des néons se réflètent sur ton manteau.
 Je respire et compte jusqu'à deux. 
La pluie transforme chaque passage piéton en cartes postales de nous deux.
La nuit fait semblant que tout va bien. Les lumières des taxis acquiescent.
Je dis que je passe a autre chose. Mes pieds ne me suivent pas. 
Je touche la vitre.
 Chaud et froid a la fois, ton nom y apparaît, puis me laisse partir.
 Néon rémanent ,toujours peint encore sur moi. Je ne le partirai pas, mais je resterai sous la lumière que nous étions.
L'amour a déjà fermé le rideau. mais je m'incline quand même.
 Sous la lueur des néons persistants, qui ne s'efface jamais.
 Meuh. 

 Les baleines du parapluie restent tendues, comme un battement de cœur désaccordé.
 Je parle à la rue comme si  elle pouvait répondre bientôt.
 Nous étions un titre de journal flou, une page centrale de magazine. 
Je garde cette coupure contre ma poitrine.  L'encre frappera si l'aube est honnête.
 D'ici-la, je danse avec ce que nous avons vécu.
 Néon rémanent, 
 Encore de la couleur sous la pluie. Je me déplace à l'intérieur de la musique de ton départ comme une tâche. 
Je connais  la sortie. Pourtant, je marche trop lentement. Prisonnier de la lueur résiduelle des néons.
  Oh,
 Je suis encore la, sous la pluie.
 Je suis toujours dans ton nom.
 Néon rémanent, 
Ne t'efface pas.
Oh.


REF.: Les paroles de la chanson "Neon Afterglow" du groupe Blackeyes .

https://www.youtube.com/watch?v=ipQ9bdgrAQ4

mardi 2 juin 2026

Explication du thriller psychologique Gourou :

Le thriller psychologique Gourou (réalisé par Yann Gozlan, sorti en janvier 2026) suit l'ascension et la chute de Mathieu Vasseur, alias « Coach Mat » (Pierre Niney). Sans réels diplômes, il devient une figure adorée et crainte du développement personnel en manipulant ses adeptes grâce à des discours bien rodés. [1, 2, 3]Matt n’a pas de diplôme. Il a suivi la formation de Peter Conrad (Holt McCallany) aux Etats-Unis et il en applique les méthodes.
L'engrenage de l'influence
Mathieu attire des personnes vulnérables dans des retraites immersives où il provoque des catharsis intenses. En coulisses, son succès repose sur la manipulation et l'illusion : il utilise des oreillettes pour être nourri en informations sur ses fidèles, simulant une intuition quasi divine. [1, 2, 3]
La descente aux enfers (Spoilers)
Le film explore la face sombre de cette "positivité toxique". L'un des fidèles, Julien, finit par subir de graves troubles psychologiques après avoir quitté son travail et suivi aveuglément les méthodes destructrices de Mathieu. Poussé par son ego et une quête de popularité insatiable, « Coach Mat » refuse toute remise en question.
Sous la pression des autorités, des médias et de ses proches, son monde d'apparences s'effondre. Il sombre progressivement dans la paranoïa et la mégalomanie, s'enfonçant dans une fuite en avant désespérée qui le mène aux portes de la folie et à une déchéance inévitable. [1, 2, 3, 4]
Le film s'achève sur une note sombre, soulignant la facilité avec laquelle des foules en quête de sens peuvent accorder une confiance aveugle à des individus charismatiques. [1, 2]
Pour un aperçu des critiques (positives comme mitigées) sur la mise en scène et la performance de Pierre Niney dans ce thriller oppressant .

Qui dit Gourou…

Quand on pense au mot « gourou » on le rattache assez aisément à celui de « secte ». L’un comme l’autre véhiculent des idées plutôt négatives. Si on cherche par curiosité la définition du premier, on trouve dans le CNRTL : « Maître spirituel, précepteur religieux »De fait, en collant ce nom sur le visage de Pierre Niney, la seule affiche du film suffit pour donner le ton. Mais, une pensée encore un peu innocente aimerait croire que le développement personnel ou le bien-être peuvent difficilement cocher la case de « secte ». Cette petite pensée, on se permet de la balayer bien vite. Le simple exemple de la toxicité du mouvement « body positive » est assez parlant. Une manière de penser qui prône l’acceptation de son corps, et si c’est absolument nécessaire, cette positivité devient toxique dès lors qu’elle refuse d’admettre que notre corps ne nous plait pas tout le temps. Pour le body positive, on doit s’aimer au naturel, tout le temps. Et cette acceptation constante mène à un rejet aboslu de comportement fondamentalement humain. En effet, il n’y a rien de plus normal que d’avoir des doutes vis à vis de notre propre reflet. Et si les fondements du body positivism sont bons, les derives ont menés à des comportements très toxiques.


Les dérives sectaires sont un sujet éminemment complexe. On connait tous au moins l’histoire d’une secte, que ça soit celle des Scientistes ou encore le mouvement des RaëliensMais en réalité, il y en a tellement, et ce qu’on ne sait pas toujours, c’est que certaines sont très actives, et pas aussi éloignées que ce que l’on croit. Par exemple, cher lecteur parisien, si tu passes dans les XIème, XIIème et XXème arrondissement, sache que tu traverses les lieux d’habitations de La Famille. Secte parisienne religieuse et surtout très secrète qui regroupe 8 familles, cette communauté a été fondée en 1819. Il est à noter qu’on ne peut pas entrer dans cette secte, il faut y naître. On t’invite à te renseigner sur l’histoire assez fascinante de La Famille si le sujet des sectes t’intéresse ! Et la liste de ces organisations s’allonge… Mais pour qu’une secte existe, il lui faut bien des adeptes. De nos jours, tous les moyens sont bon pour recruter, et les réseaux sociaux sont un vecteur de choix.  

… Dit influenceurs ?

Quand on va voir Gourou de Yann Gozlan, on en ressort avec un sentiment glaçant. Si on aimerait laisser l’étiquette de « gourou » a des fous à la tête de d’organisations sectaires, force est de constater que la frontière n’est en réalité pas si facile à tracer. Dans le long-métrage, Pierre Niney est omniprésent et il parle à chacun de ses adeptes comme s’il les connaissait depuis toujours. Mais ça… on le vit déjà tous plus ou moins. Qui n’a pas déjà eu l’impression de vivre une relation para-sociale ? Dans une vidéo très complète, le youtubeur Cyrus North explicite ce concept, l’impression de connaître quelqu’un via un écran. La complexité de ce statut est souvent abordé par de nombreux youtubeurs qui dénoncent les excès de certains de leurs fans (on pense notamment à Mastu qui a pris la parole suite à s’être fait interpelé jusque chez lui). Cette ambiguïté dans la manière de percevoir ces personnalités publiques, Pierre Niney l’évoque en faisant un rapprochement comique entre le fait d’être influenceur et d’être un gourou dans une vidéo tournée avec le créateur de contenu Amixem. Parce qu’on les voit derrière un petit écran dans le contexte plus intimiste de notre chambre, on a l’impression de les connaître plus personnellement. Mais il nous semble bon de rappeler que si on a ce sentiment, d’être amis avec eux, eux, ne nous connaissent pas.


Pour toute une génération, les influenceurs ont un statut particulier. Quand ils ont nos âges, c’est difficile de réussir à prendre du recul. On a l’impression de les connaître, parce qu’ils vivent les mêmes choses que nous, traversent les mêmes épreuves. Alors que pas du tout. Dans un interview donné à GQ magazine, Pierre Niney définit son métier ainsi « Notre mission d’artiste, c’est de vous mentir, avec votre permission ». Cette citation est d’autant plus marquante que dans le film, Mathieu Vasseur dit lui-même que Coach Matt n’est qu’un personnage qu’il s’efforce de mettre en scène. La vraie question qu’on peut se poser, c’est ce qui différencie les youtubeurs des acteurs. Pourquoi est-ce qu’on pourrait pas se dire qu’eux aussi nous mentent avec notre permission ? C’est peut-être à cause de la proximité créée par la diffusion sur nos ordinateurs, nos portables, la différence d’âge… Mais au fond, il n’y pas de différence. Les influenceurs sont des personnalités publiques qu’on ne pourra jamais connaître comme on l’aimerait, pour la simple et bonne raison qu’il y a un écran entre eux et nous. 

Le message derrière tout ça ? 

Ce que questionnent Yann Gozlan et Pierre Niney dans Gourou c’est la facilité avec laquelle nous pouvons accorder notre confiance à des gens que nous croyons connaître. Jusqu’à où sommes nous prêt à aller pour des personnalités que nous adulons ? Deux extrêmes sont mis en évidence dans le long-métrage, la folie du personnage de Julien qui ne cesse de dire à Matt qu’il l’aime, et la paranoïa extrême qui mène Coach Matt à planifier le meurtre de son propre frère. L’un comme l’autre nous ramène à la même terrible conclusion, tout est affaire 

de spectacle et de mensonges. Évidemment, le problème est toujours à nuancer. Si Gourou nous fait fortement penser aux « influvoleurs », certains parviennent tout à fait à établir une distance nette entre eux et leur public. Tous ne sont pas à pointer du doigts. De fait, Gourou questionne notre sens critique. A quel point notre admiration peut devenir un levier pour certaines personnes malveillantes. S’il y a évidemment le côté galvanisant de la foule, on rappelle qu’un personnage va tout de même démissionner en direct dans le film poussé par Coach Matt !



Aujourd’hui, les dérives sectaires prennent diverses formes. On pense notamment à l’exemple de la tiktokeuse Ophénya qui a amené à débattre d’un meilleur encadrement de l’activité en ligne des influenceurs. Cette dernière faisait participer des mineurs à visage découvert dans ses vidéos. Mais, il est important de rappeler qu’on ne risque pas d’être confronté à ce genre de comportements seulement derrière nos téléphones. En effet, la secte Shincheonji s’est mise à recruter sur des campus universitaire australiens. En venant aborder les étudiants, ils ouvrent une discussion d’apparence simple et si le premier contact est positif, c’est le début de l’engrenage. On aimerait se dire que c’est en Australie, mais rien ne nous prouve que certains recruteurs n’aient pas tenté la même chose sur des campus français. On se permet donc de rappeler que si tu as un doute au sujet d’un membre de ton cercle proche, il est possible de solliciter la Miviludes via un formulaire sur leur site. Pour rappel, la Miviludes c’est la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires.

Évidemment, libre à chacun d’interpréter le message du film Gourou comme il l’entend. On a simplement voulu ici expliciter ce qui nous semblait important en soulevant des questions liées à l’influence via les réseaux sociaux. 


On devrait en profiter pour s’interroger sur les dérives du libertarianisme. Le business détruit tout sur son passage. Ce qui vaut pour le développement personnel vaut également pour la médecine (cf The Island), la politique (cf Il DivoPersonne n’y comprend rien), le sport (cf Jerry MaguireMercato450 GrammesLe Transfert du Siècle), le divertissement (cf Le Prix du DangerConfessions d’un Homme dangereux), l’amour (cf L’Arnaqueur de TinderNewnessThe LobsterCrazy Stupid Love)… Et les créateurs et créatrices de contenus qui font des live devant plusieurs milliers de personnes sont autant de gourous modernes.


REF.: https://linfotoutcourt.com/gourou-analyse-et-decryptage-du-film-avec-pierre-niney/

vendredi 29 mai 2026

L'état de droit et les Paradis fiscaux:

L'état de droit et les Paradis fiscaux: 



Considérer aussi l'État de droit comme une notion transformée en profondeur par les paradis fiscaux et autres législations de complaisance.


Les États en concurrence les uns contre les autres face à des investisseurs devenus souverains entrent tous dans la spirale du dumping fis-cal, réglementaire et judiciaire. Les paradis fiscaux et judiciaires ne sont plus seulement des États typés tels que les Bahamas, le Luxembourg ou Singapour, mais le Canada, le Delaware aux États-Unis, l'Autriche, l'Irlande et la Côte d'Ivoire. Tous « offshorisent » des pans entiers de leur législation de façon à organiser des aires administratives du laisser-faire au bénéfice de groupes indus-triels, de financiers et de grands mafieux qui opèrent depuis longtemps de façon transnationale, c'est-à-dire indépendamment des cadres étatiques.


Convenir enfin que le régime dans lequel nous évoluons maintenant ne menace plus la démocratie, mais a mis ses menaces à exécution. Nom-mons-la ploutocratie, oligarchie, tyrannie parlementaire, totalitarisme financier... Débattons de la façon dont il convient de définir les assises de ce pouvoir ultraprivé. Une chose qui le caractérise, d'où son trait certainement oligarchique, est cette faculté qu'il a de capter et d'encoder toute activité sociale de façon qu'elle s'intègre et participe au processus de capitalisation et d'enrichissement de ceux qui trônent au sommet de la hiérarchie. Que ce soit chanter, se consacrer à la philatélie, frapper dans un ballon, lire Balzac ou fabriquer des moteurs, l'oligarchie s'assure que la moindre opération socialisée s'insère dans une gestion des inscriptions et des codes qui favorisent au sommet la concentration du pouvoir. Toute activité humaine s'organise de façon à ce qu'augmente le capital de ceux qui surplombent l'agrégat d'opérations. Cela nous rend pauvres, à tous égards.


La désignation appropriée de ces régimes commande ensuite que nous y résistions si tant est que nous soyons démocrates, voire que nous voyions historiquement à les renver-ser. Dès lors, rompre avec cet ordre nouveau. Procéder à une rupture avec des logiques pernicieuses et destructives. Collectivement s'af-franchir. Rompre ensemble. Co-rompre.


À notre tour d'altérer fondamentalement le régime établi. Désormais, nous sommes la force corruptrice. II nous reste à co-rompre avec ces formes terribles pour en générer d'autres. On peut comprendre sans forcer le sens du texte que la génération relève de ce qui advient positivement d'un processus de transformation radicale. En forçant le langage, le programme politique en tension entre la corruption et la génération consiste à penser un projet politique comme une visée de transformation substantielle des choses dans une forme qui nous semble souhaitable.


Une polysémie adéquate s'installe ici, maintenant, quant à un processus de corruption qui nous endeuille des idées les meilleures que nous cultivions collectivement et la génération de carrés rouges, d'Occupy, des Printemps et des renouveaux émancipatoires, qui, malgré leurs mille défauts, continuent de chercher à ébranler et subvertir les fondements d'institutions médiocrates.



REF.: Alain Deneault, extrait du livre: La Médiocratie 

jeudi 28 mai 2026

Les Algorythmes: Ce western financier du nouveau siècle.

 Les Algorythmes: Ce western financier du nouveau siècle.

« Les marchés ne sont plus qu'un immense théâtre des opérations ou les calculateurs humains seraient bien incapables de comprendre quoi que ce soit. » Environ 70 % des transactions boursières effectives aux États-Unis (40 % en Europe) passent aujourd'hui par ces ordinateurs, mais déjà 90 % des offres d'achat, qui engorgent le système boursier et participent de la variation des cours, sont de leur fait. Par exemple, le fer octobre 2012, un algorithme non identifié a accaparé les infrastructures numériques de la Bourse en l'inondant d'offres sans intérêt de façon à réduire les flux des adver-saires, dans le cadre d'une stratégie encore difficile à décrypter.


Plus rien ne tient. La Bourse de New York est aujourd'hui physiquement au New Jersey, dans la banlieue inconnue de Mahwah. Là, dans des entrepôts ultrasécurisés осси-pant l'équivalent de plusieurs terrains de football, des ordinateurs ultraperformants tirent quotidiennement en électricité ce qu'il en faudrait pour alimenter 4 500 maisons, afin de se disputer à pleine turbine la valeur de titres. La Bourse de Paris fait de même, pour sa part près de Londres, dans une ville connue de personne, Basildon.



Dans ce contexte, toute erreur est lourde de conséquences. Le fer août 2012, un algorithme auquel la firme de courtage Knight Capital recourait strictement à des fins expérimentales - pour analyser la façon dont le marché informatisé réagirait si un acteur se comportait soudainement de manière insolite - est de lui-même passé à l'action sur le marché réel de New York. Achetant les titres lorsqu'ils étaient au plus cher et les revendant lorsqu'ils tombaient au plus bas, il a occasionné à ses clients des pertes de l'ordre de 180 dollars par milliseconde, soit 180 000 dollars par seconde, soit 10,8 millions de dollars par minute, et ce, pendant près de trois quarts d'heure. Personne ne s'est expliqué les raisons de ce dysfonctionnement. Quelques mois auparavant, le 23 mars 2012 à 11 heures 14 minutes 18 secondes et

436 millisecondes, une scène aussi stupéfiante était survenue. La firme de courtage à haute fréquence Bats Global Markets venait de faire elle-même son entrée en Bourse, tambours battants, fixant son action à 15,25 dollars. En 900 millisecondes, le prix de son titre avait dégringolé à 0,28 dollar et la firme, K.O., a dû se laisser racheter par une concurrente les jours suivants. Un algorithme ennemi l'avait attendue de pied ferme et, sitôt sa cotation annoncée, avait dispersé des offres d'achat à la baisse tous azimuts à une vitesse folle, de façon à tuer le titre illico.


Aucune enquête sérieuse n'a été menée sur la terreur qu'implique ce western financier du nouveau siècle.

« Cette nouvelle bataille confirmait toutefois que les marchés étaient désormais le lieu de tous les conflits et que le gagnant était celui qui possédait l'algorithme le plus efficace et le plus rapide », écrit l'auteur de 5 et

6.



Il s'ensuit des crises à répétition.

Les experts pour qui l'actualité économique continue d'avoir du sens réfléchissent en somnambules. Les marchés se présentent explicitement comme le théâtre d'interminables échauffourées et les noms qu'affublent les courtiers à leurs algorithmes - Arid, Blast, Guerilla, Iceberg, Nighthawk, Ninja, Shark, Sniffer, Sniper, Stealth et Sumo - attestent de cet univers belliqueux. Le lobby de cette finance à haute fréquence se contente d'expliquer qu'elle relève d'une nouvelle forme de darwinisme permettant, à terme, de situer les paramètres du marché.


En réalité, ces algorithmes ne sont d'aucun intérêt pour l'économie des gens. Ils contribuent toutefois à déterminer les cours financiers en se trompant mutuellement, en se cou-vrant, en déployant sur les marchés des manœuvres de diversion ou en raflant la mise quelques microsecondes avant qu'un algorithme rival n'officialise la prise qu'il a préparée.

Blast, par exemple, a pour fonction de démultiplier des ordres d'achat sur des plateformes boursières éparses de façon à contrecarrer toute réaction de la part d'algorithmes ennemis, tel que Sniffer, programmé pour repérer les logiques opératoires des logiciels à l'œuvre sur le marché. Devant tout cela, un malaise s'installe. Dans 5, Karp écrit qu'en cas de turbulence, les courtiers se demandent automatiquement « s'il s'agit d'un bug interne ou si cela provient du marché ».


Tant d'agitation produit des krachs boursiers éclair qui sidéreraient les populations si leur cerveau avait le temps d'en prendre conscience. Il s'agit de plongées vertigineuses des cours financiers qui se trouvent rattrapés dans la micro-seconde, de plongeons en spirale qui se réemballent aussitôt et foncent dans les hauteurs avant de tomber en chute libre. Quand la durée de ces descentes à pic est perceptible à échelle humaine, on croit rêver : le 6 mai 2010, les marchés états-uniens ont eu le temps de perdre et de reprendre en seulement dix minutes 700 milliards de dollars. Le prix des actions a alors fluctué de maniere invraisemblable : « le cours de la maison de vente aux enchères


Sotheby's s'est envolé de 34 à 10 000 dollars. Celui du consultant Accenture a dégringolé de 40 dollars a 1 cent », rapportent Lelièvre et Pilet, dans un chapitre de leur ouvrage intitulé « En attendant le krach fatal ». Les auteurs citent des polytechniciens et des ingénieurs de la finance chargés d'enseigner ces pratiques à leurs étudiants français, qui s'inquiètent les premiers d'une telle frénésie. En rien ne parvient-elle à ce à quoi elle prétend, soit la fixation des prix. Parmi eux, Nicole El Karoui parle d'un système fonctionnant en vase clos entre une poignée d'acteurs qui « ne savent pas où ils vont ».

C'est l'économie qu'on ne sait traduire en aucun terme. Aux États-Unis, en juillet 2013, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), chargée de réguler le marché des produits dérivés, a condamné un courtier à payer une lourde amende en vertu des dispositions de la loi sur la réforme financière, dite Dodd-Frank, pour avoir abusé de ces logiciels de courtage à haute fréquence.


Il a « utilisé un logiciel de courtage conçu pour placer illégalement des ordres sur les contrats à terme à la vente ou à l'achat avant de rapidement les annuler ». Il s'agissait de créer une attention factice pour des titres dont l'intéressé avait acquis des parts préalablement. Ces sanctions sont dérisoires, car le système boursier consiste aujourd'hui ni plus ni moins en une guerre pour déterminer les cours en fonction des actifs et instruments que l'on détient.



REF.: Alain Deneault, du livre: La Médiocratie.