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vendredi 3 juillet 2026
Le démarchage téléphonique change de visage:
Le démarchage téléphonique change de visage, avec son interdiction dans un mois et la disparition de Bloctel:
Par Alexandre Boero, Journaliste-reporter, responsable de l'actu.
Publié le
Le
service Bloctel va tirer sa révérence. Le 11 août 2026, le démarchage
téléphonique basculera dans une nouvelle ère, avec la disparition de la
célèbre liste, remplacée par une interdiction générale du démarchage,
sauf consentement préalable des consommateurs.
Après
dix ans d'existence, le service Bloctel touche à sa fin. Depuis 2016,
le service propulsé par le gouvernement promet aux Français une
tranquillité relative face et au démarchage téléphonique et appels
commerciaux intempestifs. Un dispositif gratuit, dont l'efficacité a
souvent été pointée du doigt. Le 11 août 2026, tout bascule puisque la
liste d'opposition perdra sa raison d'être, remplacée par une interdiction générale du démarchage téléphonique, sauf consentement explicite préalable des consommateurs.
Bloctel, un dispositif bientôt has-been
Le principe de Bloctel
est (ou était, on ne sait plus quel temps adopter) que celui qui ne
veut plus être démarché inscrit son numéro sur une liste, et les
entreprises n'ont ensuite plus le droit de l'appeler. Sur le papier,
cela semble parfait. Le problème, c'est que cette protection reposait
entièrement sur les épaules du consommateur, car c'était à lui de faire
la démarche, puis de croiser les doigts pour que les entreprises
respectent bien la règle. Car en pratique, certaines continuaient
d'appeler malgré tout, quitte à risquer une amende le jour où quelqu'un
finissait par les signaler. D'où toutes les polémiques liées au démarchage téléphonique.
Ce
qui est à noter, c'est que les autorités suivent ces dossiers de près.
La DGCCRF, la Répression des fraudes, a par exemple infligé plus de 200 000 euros d'amende à la dirigeante d'une société de rénovation énergétique.
Son tort était d'avoir continué à appeler des personnes pourtant
inscrites sur Bloctel, et ce parfois même en dehors des horaires
autorisés. Une affaire parmi tant d'autres, qui prouve que les contrôles
existent bel et bien, mais qui montre surtout leurs limites, car malgré
le risque, certaines entreprises préféraient visiblement continuer à
démarcher plutôt que jouer le jeu.
Seuls environ 10% des consommateurs
s'étaient inscrits sur la liste, quand des millions de Français
continuaient, eux, à subir quotidiennement ces sollicitations. Un
chiffre qui en dit long sur les limites du système, où la charge de se
protéger reposait entièrement sur l'usager, et jamais sur les
entreprises elles-mêmes.
Place à l'interdiction générale et au consentement obligatoire
La
fin annoncée du démarchage téléphonique tel qu'on le connaît et celle
de Bloctel porte un nom un peu technique, mais l'idée est facile à
comprendre : on passe de l'opt-out à l'opt-in. Jusqu'ici, il fallait activement refuser d'être appelé pour être protégé, c'est ce qu'on appelle l'opt-out.
À partir du 11 août 2026, en application de la loi du 30 juin 2025
contre les fraudes aux aides publiques, la logique s'inverse totalement.
Place à l'opt-in, où le démarchage téléphonique sera interdit
par défaut dans tous les secteurs, et où ce sera désormais aux
entreprises de prouver qu'elles ont bien obtenu l'accord préalable de la
personne appelée.
Deux
exceptions subsisteront tout de même. Un professionnel pourra encore
appeler si le consommateur a donné son consentement au préalable, de
façon libre et explicite, ou si l'appel concerne un contrat en cours
d'exécution, par exemple pour faire évoluer une offre existante. Mieux,
si le consommateur ne souhaite pas poursuivre la conversation, le
professionnel devra y mettre fin sur-le-champ, sans possibilité de le
recontacter par la suite.
Gare
aux contrevenants, puisqu'une fois la loi entrée en vigueur, les
sanctions grimperont sérieusement, avec jusqu'à 500 000 euros d'amende
et cinq ans d'emprisonnement à la clé pour une personne qui démarcherait
de façon illégale. Un montant qui peut sembler énorme, mais qui reste
pourtant modeste comparé à ce que risquent déjà aujourd'hui certaines
entreprises pour des pratiques abusives. Une société a par exemple
récemment écopé d'une amende colossale de 6,03 millions d'euros
pour démarchage abusif. En attendant l'entrée en vigueur de cette
réforme, mieux vaut multiplier les protections. Bloctel reste encore
actif, et des outils, comme Saracroche,
une application française gratuite qui filtre déjà efficacement les
appels indésirables, existent pour limiter les appels de ce type.
L’actualité que les Canadiens voient vraiment n’est plus celle que les médias publient:
Selon l’étude The News Canadians Actually
See: Redefining Political Information in the Digital Age du Media
Ecosystem Observatory, signée par Mathieu Lavigne, Saewon Park, Esli
Chan, Sara Parker, Chris Ross, Junyan Zhu, Zeynep Pehlivan et Aengus
Bridgman, l’écosystème canadien de l’information traverse une
transformation profonde, où les plateformes, les influenceurs et la
vidéo courte redéfinissent ce que plusieurs Canadiens considèrent
désormais comme des nouvelles.
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Le
constat central est simple, mais lourd de conséquences : l’information
journalistique perd de la visibilité sur les réseaux sociaux, et elle
n’est pas remplacée par un vide. Elle est remplacée par d’autres formes
de contenus, souvent plus personnelles, plus émotionnelles, moins
sourcées et mieux adaptées aux logiques d’engagement des plateformes.
L’étude s’appuie sur deux bases principales : un sondage national
représentatif mené auprès de 1 518 Canadiens, ainsi qu’un corpus de 8
961 693 publications provenant de 856 organismes de presse canadiens sur
Facebook, Instagram, X, YouTube, TikTok et Bluesky, de janvier 2023 à
décembre 2025.
Depuis 2023, plusieurs chocs se
superposent. Le blocage des nouvelles par Meta a retiré Facebook et
Instagram d’une partie importante de la circulation officielle des
contenus journalistiques au Canada. Sur X, les publications des médias
ont aussi chuté, dans un contexte où la plateforme défavorise les liens
externes et où plusieurs organisations médiatiques se sont éloignées du
service. En parallèle, les jeunes Canadiens s’informent de plus en plus
par de courtes vidéos, des mèmes, des publications d’influenceurs ou des
contenus de type commentaire, des formats qu’ils sont davantage
susceptibles de considérer comme des nouvelles.
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Cette
évolution modifie la définition même du mot « nouvelle ». Pour les
chercheurs, il ne s’agit plus d’une catégorie unique et stable. L’étude
traite plutôt les nouvelles comme un continuum, allant de toute
information sur un événement d’actualité jusqu’à un contenu vérifié,
attribué et produit par une organisation journalistique respectant des
normes professionnelles. Cette nuance est importante : le public ne
distingue pas toujours clairement entre reportage, opinion, réaction
personnelle, commentaire, vidéo explicative ou contenu généré par l’IA.
Les différences générationnelles sont
marquées. Les publications de médias traditionnels demeurent les plus
susceptibles d’être considérées comme des nouvelles, avec des scores
supérieurs à 7 sur 10 dans tous les groupes d’âge. Mais les plus jeunes
élargissent davantage la catégorie. Les 18 à 34 ans sont plus enclins
que les 55 ans et plus à considérer comme des nouvelles des vidéos en
direct publiées par des inconnus, des contenus d’influenceurs, des mèmes
ou même certains contenus générés par l’IA.
L’exposition joue aussi un rôle. Plus les
répondants rencontrent souvent un type de contenu, plus ils sont
susceptibles de le classer comme de l’information. Cette relation est
particulièrement forte pour les contenus d’influenceurs. L’IA fait
exception : même lorsqu’ils y sont exposés, la plupart des Canadiens
refusent encore de considérer les contenus générés par l’IA comme de
véritables nouvelles, ce qui suggère un déficit de crédibilité
persistant.
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Le
recul de l’offre journalistique sur les réseaux sociaux est mesurable.
Sur Facebook, les publications des organismes de presse ont chuté de 65 %
entre janvier 2023 et juillet 2024, dernier mois complet couvert pour
cette plateforme. Sur Instagram, la baisse atteint 74 % sur l’ensemble
de la période. Sur X, l’activité de publication des médias canadiens a
diminué de 55 % entre janvier 2023 et décembre 2025.
D’autres plateformes prennent de
l’importance, mais elles ne comblent pas entièrement le vide. Bluesky,
YouTube et TikTok enregistrent une hausse de l’activité des médias. En
décembre 2025, Bluesky représente environ 25 % des publications des
organismes de presse suivis par l’étude. YouTube atteint 9,3 % et TikTok
seulement 1 % des publications, même si ces deux plateformes jouent un
rôle beaucoup plus important du côté de l’engagement.
Cette fragmentation a un effet
particulièrement dur sur l’information locale. Les chercheurs constatent
que les médias de petites villes et de milieux ruraux sont moins
présents sur les nouvelles plateformes et disposent de moins de
ressources pour produire des vidéos, qui sont aujourd’hui au cœur de
l’engagement. Dans les six mois suivant le blocage des nouvelles par
Meta, l’engagement envers les contenus de médias dans les petits marchés
a chuté de 89 % dans les régions rurales et dans les villes moyennes,
contre 48 % dans les grands centres urbains.
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Le
problème n’est pas seulement l’offre. Il y a aussi la perception du
public. Une grande partie des Canadiens ne comprend pas clairement
quelles plateformes permettent encore aux médias de publier. Seulement
41 % des utilisateurs de Facebook et 26 % des utilisateurs d’Instagram
savent que les médias canadiens ne peuvent plus y publier officiellement
des nouvelles. En revanche, plusieurs croient encore que les médias
peuvent le faire, ou répondent qu’ils ne savent pas.
Les personnes conscientes du blocage se
sont toutefois en partie adaptées. Parmi les utilisateurs de Facebook et
d’Instagram qui savent que les nouvelles y sont bloquées, 45 % disent
consulter directement les sites d’information, 36 % utilisent une
application de nouvelles, 19 % suivent directement des journalistes, 17 %
se tournent vers une autre plateforme sociale et 11 % disent compter
davantage sur les balados.
L’étude montre aussi que les habitudes
d’information varient fortement selon l’âge. L’exposition hebdomadaire
aux sources numériques atteint environ 80 % dans tous les groupes, mais
les plus jeunes rencontrent plus souvent l’information politique par les
réseaux sociaux. Les 18 à 34 ans citent notamment Instagram, YouTube,
TikTok et Facebook comme espaces importants d’information politique. Les
55 ans et plus, eux, se tournent davantage vers les sites de nouvelles
nationaux et locaux.
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Un
autre signal mérite attention : les Canadiens sont presque divisés
également entre ceux qui cherchent activement les nouvelles, ceux qui ne
les cherchent ni ne les évitent, et ceux qui les évitent. Le clivage
générationnel est net. Les 55 ans et plus sont plus nombreux à chercher
l’information, alors que les 18 à 34 ans sont plus nombreux à l’éviter.
Les fils d’actualité ne correspondent pas
toujours à ce que les Canadiens disent vouloir voir. Les contenus issus
des médias traditionnels sont les plus fréquemment rencontrés, mais les
contenus générés par l’IA, les mèmes, les publications d’influenceurs et
les messages d’inconnus apparaissent presque aussi souvent dans les
fils politiques. Or les répondants souhaitent surtout voir davantage de
contenus provenant des médias traditionnels et de leurs proches. À
l’inverse, 74 % souhaitent voir moins de contenus générés par l’IA et 60
% moins de publications d’utilisateurs inconnus.
La vidéo courte s’impose comme un format
clé. Les organismes de presse continuent de publier beaucoup de textes
et de liens, surtout sur X et Bluesky, mais la part de leurs
publications vidéo est passée de 3 % en janvier 2023 à 13 % en décembre
2025. Même minoritaires, ces vidéos génèrent désormais 90 % des mentions
« J’aime » reçues par les contenus des médias. TikTok joue ici un rôle
majeur : la plateforme représente 77 % de tous les « J’aime » reçus par
les publications des organismes de presse.
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Lors
des grands événements, les médias conservent cependant une force
importante sur certaines plateformes. L’étude a identifié 135 événements
majeurs entre 2023 et 2025, dont 48 liés à la politique canadienne, 27 à
la politique américaine, 19 à l’international, 13 à l’économie et 11 à
l’environnement. Ces événements servent de test pour voir si les
citoyens se tournent encore vers les médias lorsque l’actualité
s’accélère.
Les résultats varient beaucoup selon la
plateforme. Sur X et Bluesky, les influenceurs dominent l’engagement,
même lorsque les médias publient davantage. Sur X, les influenceurs
captent 89 % de l’engagement lié aux événements étudiés. Sur Bluesky,
ils en captent 97 %. Sur YouTube et TikTok, le rapport s’inverse : les
médias obtiennent 68 % de l’engagement sur YouTube et 88 % sur TikTok
lors des grands événements.
Cette distinction est essentielle. Les
médias ne sont pas absents du nouvel environnement numérique. Ils
peuvent encore dominer l’attention lorsque l’actualité devient urgente,
surtout en vidéo. Mais ils ne contrôlent plus la circulation générale de
l’information politique. Sur certaines plateformes, les logiques
d’engagement avantagent les personnalités, les commentateurs et les
créateurs capables d’incarner l’information dans une relation directe
avec leur public.
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L’analyse
du contenu confirme que médias et influenceurs ne produisent pas la
même chose. Les chercheurs ont codé 213 000 transcriptions vidéo de
YouTube et TikTok publiées en 2025, puis ont concentré l’analyse sur les
contenus politiques et d’affaires publiques. Les vidéos ont été
évaluées selon plusieurs dimensions, dont la fonction du contenu, le
sourçage, la spécificité, la contextualisation et l’intensité
émotionnelle.
Les écarts sont nets. Les contenus des
médias sont dominés par le reportage, qui représente 80 % des segments
analysés. Chez les influenceurs, les contenus sont répartis entre
opinion, reportage et analyse. Le fossé du sourçage est encore plus
frappant : 76 % des contenus d’influenceurs présentent de l’information
sans attribution, contre 31 % pour les médias. Les médias citent plus
souvent des sources nommées ou produisent du reportage original.
Les influenceurs obtiennent aussi un score
plus élevé d’intensité émotionnelle. Cela ne signifie pas que tout
contenu d’influenceur est de mauvaise qualité. Les chercheurs prennent
soin de noter qu’une partie de ces créateurs produit des analyses
substantielles, bien contextualisées et utiles. Mais, en moyenne, leur
fonction diffère de celle du journalisme : ils commentent, interprètent,
personnalisent et mobilisent davantage qu’ils ne documentent de
première main.
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L’étude
signale aussi une différence entre médias accrédités et non accrédités.
Les médias accrédités consacrent 82 % de leur contenu au reportage,
contre 54 % pour les médias non accrédités, qui accordent plus de place à
l’opinion et à l’analyse. Les médias non accrédités affichent aussi une
intensité émotionnelle plus élevée, ce qui les place, selon les
chercheurs, dans une zone intermédiaire entre le profil des influenceurs
et celui des médias accrédités.
La conclusion générale est que le Canada
ne vit pas seulement une crise de distribution de l’information. Il vit
une transformation de la définition sociale de l’information. Les
plateformes décident de ce qui circule. Les publics s’adaptent plus ou
moins consciemment. Les médias perdent certaines voies d’accès. Les
influenceurs gagnent en influence. Et la vidéo courte devient l’un des
principaux formats de captation de l’attention.
Cette étude comporte aussi des limites. Le
sondage repose sur un panel en ligne non probabiliste de Léger, même si
les données ont été pondérées pour correspondre aux repères
démographiques de Statistique Canada. L’analyse de contenu s’appuie sur
un modèle de langage, Qwen3.6-35B-A3B, et certaines dimensions
qualitatives gagneraient à être validées plus largement par des humains.
Les données Facebook s’arrêtent en août 2024 en raison de la fermeture
de l’API CrowdTangle, et l’engagement est mesuré par les « J’aime », ce
qui ne reflète pas toute la portée réelle des contenus.
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Pour
les médias canadiens, le message est clair, être présent ne suffit
plus. Il faut être visible dans les formats où l’attention se déplace,
sans abandonner les normes qui distinguent le journalisme du
commentaire. Pour les plateformes, l’étude pose la question de leur
responsabilité dans la circulation de l’information civique. Et pour les
citoyens, elle rappelle une réalité moins confortable : l’actualité que
nous voyons n’est pas seulement celle qui est produite, mais celle que
les plateformes choisissent de rendre visible, que les créateurs
reformulent, et que nos habitudes finissent par normaliser.
Pourquoi devenons-nous dépendants d’une autre personne ?
LA DÉPENDANCE ET LA RECHERCHE DE COMPLÉTUDE
ECKHART TOLLE : La raison pour laquelle la relation amoureuse romantique est une expérience si intense et si universellement recherchée est la suivante : elle semble libérer les gens d’un sentiment profondément installé de peur, de besoin, de manque et d’incomplétude. Cet état émotionnel fait partie de la condition humaine dans sa phase non rachetée et non réalisée. Il comporte aussi bien une dimension physique que psychologique.
Sur le plan physique, et de toute évidence, vous n’êtes pas complet et ne le serez jamais : soit vous êtes un homme, soit vous êtes une femme. C’est-à-dire la moitié du tout. Sur ce plan-là, l’aspiration à la totalité, à la complétude, c’est-à-dire le retour à l’Un, se manifeste sous la forme de l’attraction entre sexes masculin et féminin, du besoin de l’homme d’avoir une femme et de celui de la femme d’avoir un homme. II existe une pulsion presque irrésistible à s’unir avec l’énergie opposée ou l’autre polarité. Cette pulsion physique est d’origine spirituelle. C’est l’aspiration à mettre un terme à la dualité, à revenir à l’état de complétude. Sur le plan physique, l’union sexuelle est ce qui se rapproche le plus de cet état-là. Voilà pourquoi celle-ci est l’expérience la plus profondément satisfaisante que le plan physique puisse offrir. Mais l’union sexuelle n’est rien de plus qu’un fugace aperçu de la totalité, qu’un moment d’extase. Tant et aussi longtemps que vous recherchez inconsciemment dans l’union sexuelle votre porte de salut, vous visez à mettre fin à la dualité sur le plan de la forme, là où justement on ne peut la trouver. II vous est donné là un aperçu fugitif et fort alléchant du paradis, mais vous n’avez pas le droit d’y rester et vous vous retrouvez de nouveau dans un corps distinct.
Sur le plan psychologique, ce sentiment de manque et d’incomplétude est certainement encore plus grand que sur le plan physique. Aussi longtemps que vous êtes identifié au mental, le sens que vous avez de votre moi provient de l’extérieur. En d’autres termes, vous vous appropriez le sens de ce que vous êtes par le biais de choses qui, en fin de compte, n’ont rien à voir avec ce que vous êtes : votre rôle social, vos possessions, votre apparence physique, vos réussites et vos échecs, vos systèmes de croyances, etc. Ce faux moi, créé par le mental, par l’ego, se sent vulnérable, peu assuré, et cherche sans arrêt de nouvelles choses auxquelles s’identifier afin de donner au mental l’impression d’exister. Mais jamais rien ne suffit à lui procurer une satisfaction durable. Sa peur perdure. Et son impression de manque et de besoin reste.
Puis cette relation si spéciale se présente. Elle semble être la réponse à tous les problèmes de l’ego et combler tous ses besoins. Du moins, c’est ainsi que les choses paraissent au début. Toutes les autres choses qui venaient vous procurer le sens que vous aviez de votre moi auparavant deviennent dorénavant relativement insignifiantes. Un seul objet d’attention remplace alors tout le reste, donne un sens à votre vie et vous permet de définir votre identité : la personne dont vous êtes amoureux. Vous n’êtes plus ce fragment isolé dans un univers hostile. C’est du moins l’impression que vous avez. Votre monde a maintenant un centre : la personne aimée. Le fait que ce centre soit à l’extérieur de vous et que, par conséquent, vous définissiez encore votre identité en fonction de quelque chose d’extérieur à vous semble tout d’abord ne pas avoir d’importance. Ce qui compte, c’est que les sentiments sous-jacents d’incomplétude, de peur, de manque et d’insatisfaction si caractéristiques de l’ego soient disparus. Le sont-ils vraiment ? Se sont-ils dissipés ou existent-ils encore sous la surface de ce prétendu bonheur ?
Si, dans vos relations, vous connaissez aussi bien l’amour que son opposé, c’est-à-dire l’hostilité, la violence émotionnelle, etc., il est alors fort probable que vous confondiez amour et attachement de l’ego, amour et dépendance affective. Il est impossible que vous aimiez votre partenaire à un moment et l’agressiez l’instant d’après. L’amour vrai n’a pas d’ennemi. Si votre « amour » en a un, c’est que ce n’est pas de l’amour mais plutôt un grand besoin de l’ego de se sentir plus complètement et plus profondément soi. Et ce besoin est temporairement comblé par l’autre. Pour l’ego, il s’agit d’un succédané de salut, et pendant un certain temps, cela donne presque effectivement l’impression qu’il s’agit de cela.
Mais vient un moment où votre partenaire adopte des comportements qui ne réussissent pas à combler vos besoins, ou du moins ceux de votre ego. Les sentiments de peur, de souffrance et de manque qui font intrinsèquement partie de l’ego, mais qui étaient passés à l’arrière-plan grâce à la relation amoureuse, font de nouveau surface. Comme avec toutes les autres dépendances, vous êtes au septième ciel quand vous avez de la drogue, mais vient invariablement le moment où celle-ci n’a plus d’effet sur vous. Quand ces émotions souffrantes refont surface, vous les sentez donc avec encore plus d’acuité qu’avant. Qui plus est, vous percevez maintenant votre partenaire comme étant à leur origine. Cela veut dire que vous les projetez à l’extérieur et que vous agressez l’autre avec toute la violence sauvage que votre douleur contient. Cette agressivité peut éveiller la souffrance de votre partenaire, qui contre-attaquera. Rendu à ce point-là, l’ego espère encore inconsciemment que son agressivité ou ses tentatives à vouloir manipuler constitueront une punition suffisante qui amènera l’autre à changer de comportement. Ceci lui permettra de se servir à nouveau de ces comportements pour occulter votre souffrance.
Toute dépendance naît d’un refus inconscient à faire face à votre propre souffrance et à la vivre. Celle-ci commence et finit dans la souffrance. Quelle que soit la substance à laquelle vous êtes accroché – l’alcool, la nourriture, les drogues légales ou illégales, ou bien une personne –, vous vous servez de quelque chose ou de quelqu’un pour dissimuler votre douleur. C’est pour cette raison qu’après l’euphorie initiale il y a tellement de tourments et de souffrance dans les relations intimes. Mais ces dernières n’en sont pourtant pas la cause. Elles font simplement ressortir la souffrance et le tourment qui se trouvent déjà en vous. Toutes les dépendances agissent ainsi. Toutes les dépendances atteignent un point où elles n’ont plus d’effet sur vous, vous ressentez alors la souffrance plus intensément que jamais.
D’ailleurs, la plupart des gens essaient toujours d’échapper au présent et cherchent le salut dans le futur, quel qu’il soit. La première chose sur laquelle ils pourraient buter s’ils concentraient leur attention sur le moment présent, c’est leur propre souffrance. Et c’est justement ce dont ils ont peur. Si seulement ils savaient combien il est facile de trouver dans le présent le pouvoir qui dissipe le passé et la souffrance, la réalité qui met un terme à l’illusion. Si seulement ils savaient à quel point ils sont près de leur propre réalité, de Dieu.
La réponse n’est pas non plus d’éviter les relations afin d’éviter la souffrance. Celle-ci est là de toute façon. Trois relations qui n’ont pas fonctionné en autant d’années vous amèneront fort probablement plus à vous réveiller que trois années sur une île déserte ou reclus dans votre chambre. Par contre, si vous réussissiez à être intensément présent à votre solitude, cette solution fonctionnerait peut-être pour vous.
REF.: Maître spirituel Eckhart Tolle :
( Le pouvoir du moment présent P : 143-144-145-146-147 )
Quand quelqu'un vous attaque, cela parle-t-il vraiment de vous ?
Nous avons souvent tendance à croire que les réactions des autres nous définissent.
Pourtant, une personne qui crie, accuse ou se met en colère exprime bien souvent quelque chose qui lui appartient : son stress, ses blessures, ses frustrations ou son incapacité, à cet instant, à mettre des mots sur ce qu'elle ressent.
Cela ne signifie pas que tout comportement est acceptable.
Mais il est utile de se demander:
« Est-ce que ce qui m'est reproché m'appartient réellement ? »
En thérapie, nous apprenons à distinguer ce qui relève de notre responsabilité de ce qui appartient à l'autre.
Cette différence est essentielle pour ne plus porter des culpabilités qui ne sont pas les nôtres.
Communiquer ne consiste pas à parler plus fort pour avoir raison.
Communiquer, c'est pouvoir exprimer ce que l'on vit tout en restant capable d'entendre l'autre. Le respect ne s'impose pas par la colère.
Il se construit dans une écoute réciproque, où chacun peut exister sans écraser l'autre. Et cela s'apprend, à tout âge. Plus nous faisons la paix avec nos propres blessures, moins nous avons besoin de les déposer sur ceux qui nous entourent. Et plus nos relations deviennent des espaces de rencontre plutôt que des champs de bataille.
Boréal et Fleur-Bleue, deux phœnix dans un autre multivers !
Le monde changeait...
La vie sur Terre changeait...
Parce que l'amour grandissait...
Cela ne se fit pas instantanément, mais... les êtres oscillants, patients et aimants, étaient toujours là pour les aider.
Ils entretenaient la paix à travers le monde entier.
Et... pour Fleur-Bleue et Boréal, l'éveil sur la Terre
n'était plus un simple rêve, mais... une réalité.
Bras dessus, bras dessous, on pouvait souvent les voir se promener le long du ruisseau, près du vieux chêne, en train de discuter et de parler aux alliés qui se préparaient à repartir enfin chez eux.
« Tu crois qu'on les reverra un jour? » lui demanda-t-
elle, tout doucement.
« Je n'en suis pas très sûr, mais... je crois que... oui.
Les connaissant, ils ne pourront rester longtemps loin les uns des autres, sans qu'une autre aventure les appelle.»
Fleur-Bleue regarda amoureusement Boréal, dont les yeux pétillaient d'adoration devant sa tendre bien-aimée.
Lui prenant les mains, il les mit entre les siennes et lui
dit :
« C'est à notre tour maintenant d'y aller... et de faire la
vie que nous avons toujours rêvée.
Non celle que les autres voulaient qu'on fasse pour eux...
pour les aider à avancer... comme courir pour trouver ceci ou cela, mais... la nôtre.
Tu serais prête à faire ce grand voyage avec moi?
Mais à l'avance, je t'avertis... il se peut que ce voyage soit sans action, tranquille, paisible et... peut-être bien rempli de petits nuages bleus qui flotteraient dans les airs, tout comme leur mère le faisait lorsqu'elle était jeune, si... c'est ce qu'elle veut, bien entendu...»
Fleur-Bleue lui fit un large sourire.
« Si c'est ce qu'elle veut... où serait le père? » demanda-t-elle en riant.
« Oh! Pas très loin de celle qui a su conquérir son cœur, il y a de ça très longtemps.
Ai-je bien répondu à la question ou la Matriarche veut-elle une toute autre réponse? »
« Hum... » commença-t-elle par dire.
Sans attendre, il se pencha et embrassa ses lèvres tout
doucement.
« Ha ah! À moins que je me trompe... » continua-t-il quelques minutes plus tard, « j'ai l'impression que la réponse est : oui. »
Heureux, il la prit par la main et, avant qu'elle ait eu le
temps de réagir, elle se sentit soulevée de terre...
Leurs énergies se fusionnant... sous les yeux ahuris et émerveillés de tous.
Ils les virent tous les deux s'envoler, comme des anges, puis... se transformer en deux merveilleux phénix aux couleurs vibrantes et scintillantes...
Sans prévenir... ils se fondirent en un seul.
Dans son centre apparut un bleu velouté qui se mêla au contour brillant du rouge-feu miroitant...
La beauté de ce spectacle extraordinaire était des plus impressionnantes et révolutionnaires pour ceux et celles qui le virent, et fut acclamée par tous.
Les amoureux étaient dorénavant réunis et ils s'envolaient maintenant vers leur propre destinée...
Et qui sait.... ce que l'avenir leur réservait ou.... quelles
autres aventures ils exploreraient ensemble...
Car leur histoire, elle, ne faisait que commencer.
« Tu ne penses pas que tu en as fait un peu trop? » lui murmura Fleur-Bleue, alors qu'ils se reposaient sur l'une des planètes les plus éloignées de la Terre.
« Vraiment, je ne sais pas de quoi tu parles, ma petite fleur adorée », lui susurra-t-il tendrement à l'oreille en partant à rire, heureux de pouvoir enfin être seul avec celle qu'il avait toujours voulu avoir près de lui.
La nuit était calme.
On pouvait voir les étoiles clignoter et chuchoter entre elles.
« Tu crois qu'ils vont se bâtir une vie parmi nous? » se demandait l'une d'elles.
« Non! » lui répondit une autre. « Je crois qu'ils vont repartir.... voyager pendant un certain temps et...»
« S'établir loin de tous... » finit une autre.
« Je crois... » commença une autre...
« Allez-vous continuer de jacasser comme ça toute la
nuit? » s'écria soudainement Boréal.
À sa voix, toutes se turent... n'osant plus dire ou faire quoi que ce soit.
« Merci! » rajouta-t-il, satisfait du silence.
« Tu ne crois pas que tu aurais pu être plus aimable avec elles? »
Boréal partit à rire et répondit : « Non! Plus gentil, peut-être... mais aimable? Non!
Le seul être qui a droit à mon amabilité, ce soir, c'est toi.»
Sans sourciller, Fleur-Bleue rétorqua en souriant :
«Je ne te savais pas si grognon. »
« Seulement quand on me dérange avec celle qui mérite
toute mon attention. »
Sur ce, elle rit aux éclats et se recala dans ses bras, heureuse de retrouver celui de son enfance... peut-être un peu plus vieux... un peu plus grincheux... mais...
merveilleux.
« Tu sais que je peux lire tes pensées, n'est-ce pas? »
« Dors, Boréal, demain viendra assez vite...»
Il sourit... satisfait de sa petite rebuffade, et s'endormit
presque aussi vite.
Le silence revenu, plus rien, cette nuit-là, ne vint les
C'est cette joie, et à défaut notre souveraineté intérieure en contexte difficile, qui doit maintenant nous guider dans le reste de notre existence.
Rappelons-nous que la joie d'exister est la nourriture qui nous provient directement de la source.
Et je terminerai sur ce mot de la fin, une citation de votre serviteur issue de la compréhension du fait que nous vivons dans un univers qui est une branche du mul-tivers configurée par la conscience :
« Lorsqu'elles sont validées par la joie, l'amour ou la souveraineté intérieure, nos intentions causent des effets dans le futur qui deviennent les futures causes d'effets dans le présent, sous la forme d'une guidance qui nous conduit jusqu'à leur réalisation, au-delà de nos plus belles espérances.»