Livre: Le voyage intérieur ( un résumé):
Être en contact avec la sensation corporelle développe notre intelligence innée. Plus nous sommes intelligents, plus il nous est possible de voir clairement ce qui œuvre en nous et de déjouer les réflexes de défense conditionnés de l'ego.Il est temps de faire le deuil de la personne que nous pensions être, de ce soi émotionnel dont ce qui subsiste retourne à sa fonction première : celle de servir l'être que nous sommes. Mais il reste un dernier obstacle à la pleine réalisation de notre vraie nature : la dissolution de notre volonté personnelle ; une phase des plus exigeantes lors de laquelle nos bras de levier cèdent le pas à une Intelligence Supérieure.
Nous sommes invités à nous en remettre à plus grand que nous, à travers des effondrements intérieurs déchirants dans lesquels s'engouffre la puissante énergie de l'être. C'est le moment de la rupture définitive avec la sensation de nous-mêmes, celle qui nous a accompagnés durant des décennies et que nous avons considérée à tort comme notre vraie nature.
RÉSUMÉ DES QUATRE PHASES du feu intérieur:
Phase 1 : prendre conscience des mécanismes de l'ego et les déjouer
pour accullir nos
contenus douloureux, les traverser et les
dissoudre.
Phase 2 : entrer dans le vide de nous-mêmes, dans cette absence de terrain solide, en cessant de nous agripper à ce que nous pensons être et en cessant de lutter pour reconquérir le concept de celui ou celle que nous sommes. Permettre au « feu intérieur » de nous vider et de nous purifier.
Phase 3 : la silencieuse corrosion de la personne expose les couches de malheur les plus anciennes jusqu'au noyau de peine, la base sur laquelle la personne s'est construite. Ce cap franchi, la personne est suffisamment dissoute et démantelée pour nous permettre d'entrer dans la quatrième phase.
Phase 4 : la plus intense et la plus ardue, cette étape extrait notre volonté personnelle et fait éclater la bulle de réalité que nous avions considérée comme sûre et certaine. Nous perdons notre « vie » telle que nous la connaissons pour devenir la Vie.
CESSER LA LUTTE
Le soi émotionnel est une entité intelligente, aussi intelligente que nous, mais au regard de l'Amour et de la Vie que nous sommes réellement, il ne l'est que relativement.
Lutter contre cet imposteur, si habile à influencer et à réglementer nos vies, est une bataille perdue d'avance. Nous opposer à lui revient à prendre parti pour l'un de ses aspects au détriment d'un autre, combattant ainsi contre nous-mêmes dans un jeu de cachecache interminable. Utiliser l'ego en espérant venir à bout de nos peines n'est pas le moyen adéquat. Cela ne fait qu'engendrer une usure pénible et des complications sans fin.
On ne peut pas lutter directement contre la personne, contre ses schémas répétitifs et ses aversions, ses peurs et ses émotions, mais il est possible de nous en détacher et de nous en libérer en devenant plus intelligents qu'elle, en cessant de lui accorder notre énergie et d'adhérer à ses points de vue. Il faut purement et simplement la priver de ses « nourritures », l'assiéger en l'entourant de notre présence attentive et contourner les résistances de l'ego pour percer «l'abcès » de nos contenus douloureux.
Nous culpabiliser ou nous en vouloir d'abonder dans le sens de la personne ou de l'ego ne nous aide en aucune façon et pousse à la révolte. Il est préférable de dire « oui » à nos « non », d'aller consciemment dans le sens de nos résistances, de les exprimer si nécessaire, pour mieux les reconnaître et les épuiser. Il
les sous-estimer ni les laisser agir dans
ne faut cependant pas
l'ombre, car elles ont le pouvoir de miner nos efforts et de saboter nos meilleures intentions.
Reconnaître notre peur et nos luttes est le premier pas vers une conscience plus élevée des mécanismes et des réflexes automatiques qui nous maintiennent à la superficie de nous-mêmes. Apprivoiser nos résistances ouvre la voie au « lâcher prise » et à l'acceptation de ce qui est en nous.
Quand nous prenons du recul et cessons de répondre aux sollicitations de la personne, lorsque nous diminuons la quantité d'excitation et d'habitudes qui en maintiennent la cohésion, la réaction ne se fait point attendre et cristallise une quantité de petites révoltes et de résistances. Lorsque nous décidons de ne plus agir en suivant nos impulsions habituelles (celles de la personne), elle se sent vite menacée, oppressée et agitée, et a tôt fait de s'irriter et de réagir comme un enfant qui n'obtient pas ce qu'il veut.
Elle tente alors de séduire, puis si cela ne fonctionne pas, elle crie, pleure, s'apitoie sur elle-même, tente de nous convaincre, se place en victime et déploie toute la palette de ses stratégies pour parvenir à ses fins. Elle devient le tyran qui impose, lutte, manipule, menace ; un monstre de malhonnêteté, de fausseté, d'émotion et de coercition.
Lorsque tout va bien ou relativement bien, cette description peut paraître exagérée, car il est difficile de croire qu'un tel « monstre » vit en nous. Pourtant, lorsque notre personne est poussée dans ses retranchements, ses facettes insoupçonnées se réveillent, tentent de nous divertir, noient le poisson et usent de toutes leurs ressources,
Ce processus réveille la bravoure qui vit en chacun de nous. De temps à autre, forts d'un courage que nous ne soupçonnons pas, nous défions la peur en l'invitant. Rassemblant nos ressources en un seul point, nous nous laissons envahir par sa marée noire et entrons au cœur de sa glu oppressante, prêts à en découdre avec la mort.
Mais à peine avons-nous levé le voile sur cette dimension que nous le rabaissons, remplis à ras bord d'une Puissance que nous ne parvenons plus à contenir. Le feu monte dans la colonne vertébrale et nous embrase. L'énergie souffle dans notre corps le chaud puis le froid, s'étend et se contracte comme le feu de la forge.
Des secousses sismiques secouent nos chairs et rompent le cordon ombilical qui nous relie à notre passé et à ce que nous avons été. Tel un astronaute lors d'une sortie dans l'espace, nous nous affranchissons des liens qui nous maintiennent au vaisseau mère et nous nous éloignons de lui, silencieusement, pénétrant l'Immensité de nous-mêmes.
Durant cette période, nous n'avons plus goût à grand-chose, et il faut constamment veiller à ne pas sombrer dans la négativité de la personne, qui s'interroge sur le sens de cette aventure et peine à comprendre pourquoi il lui a fallu des années pour se construire alors qu'elle doit à présent disparaître. Face à son impermanence, notre vie semble n'avoir servi à rien. Mais est-ce bien de notre vie dont il s'agit, ou de celle de cette personne que nous pensions être ?
Nous avons hâte « d'accoucher », même si nous ne savons pas encore ce que cela signifie. Notre vie à l'extérieur nous laisse indifférents, car le processus de mort occupe le devant de la scène et absorbe l'essentiel de notre attention. L'illusion de nous-mêmes atteint un seuil critique, se brise et entraîne dans sa chute tout ce que nous avons construit et ce en quoi nous avons cru. Les murs porteurs s'écroulent, et avec eux, toute la structure et la charpente du soi émotionnel.
Puis, un jour, la « vague du siecle » se présente, celle que les surfeurs redoutent mais espèrent. Plus grande et plus puissante que toutes les autres, elle nous engloutit et balaie une éternité de doutes, d'efforts, de frustrations et de malheur. La rencontre en est presque insupportable.
Ancrés dans notre présence silencieuse, forts de tous les instants où nous avons été authentiques, nous passons le chas de l'aiguille et traversons l'illusion de nous-mêmes. La matrice de la personne se déchire, nous livrant, nus, innocents et vulnérables, à une Réalité que nous avons rêvée et qui se présente maintenant, dépouillée de tous nos rêves.
Nous culpabiliser ou nous en vouloir d'abonder dans le sens de la personne ou de l'ego ne nous aide en aucune façon et pousse à la révolte. Il est préférable de dire « oui » à nos « non », d'aller consciemment dans le sens de nos résistances, de les exprimer si nécessaire, pour mieux les reconnaître et les épuiser. Il
les sous-estimer ni les laisser agir dans
ne faut cependant pas
l'ombre, car elles ont le pouvoir de miner nos efforts et de saboter nos meilleures intentions.
Reconnaître notre peur et nos luttes est le premier pas vers une conscience plus élevée des mécanismes et des réflexes automatiques qui nous maintiennent à la superficie de nous-mêmes. Apprivoiser nos résistances ouvre la voie au « lâcher prise » et à l'acceptation de ce qui est en nous.
Quand nous prenons du recul et cessons de répondre aux sollicitations de la personne, lorsque nous diminuons la quantité d'excitation et d'habitudes qui en maintiennent la cohésion, la réaction ne se fait point attendre et cristallise une quantité de petites révoltes et de résistances. Lorsque nous décidons de ne plus agir en suivant nos impulsions habituelles (celles de la personne), elle se sent vite menacée, oppressée et agitée, et a tôt fait de s'irriter et de réagir comme un enfant qui n'obtient pas ce qu'il veut.
Elle tente alors de séduire, puis si cela ne fonctionne pas, elle crie, pleure, s'apitoie sur elle-même, tente de nous convaincre, se place en victime et déploie toute la palette de ses stratégies pour parvenir à ses fins. Elle devient le tyran qui impose, lutte, manipule, menace ; un monstre de malhonnêteté, de fausseté, d'émotion et de coercition.
Lorsque tout va bien ou relativement bien, cette description peut paraître exagérée, car il est difficile de croire qu'un tel « monstre » vit en nous. Pourtant, lorsque notre personne est poussée dans ses retranchements, ses facettes insoupçonnées se réveillent, tentent de nous divertir, noient le poisson et usent de toutes leurs ressources.
Reconnaître notre peur et nos luttes est le premier pas vers une
conscience plus élevée des mécanismes et des réflexes automatiques qui nous maintiennent à la superficie de nous-mêmes. Apprivoiser nos résistances ouvre la voie au « lâcher prise » et à l'acceptation de ce qui est en nous.
La société dans laquelle nous vivons peut être un prétexte à cette lutte, mais elle n'en est que la manifestation extérieure ; le véritable combat fait déjà rage en nous-mêmes.
L'acceptation de ce qui est en nous et de ce que nous sommes constitue sans doute le défi majeur dans la vie intérieure comme dans la vie en général. Il ne s'agit pas simplement d'accepter ce que nous sommes lorsque tout va bien, mais en toute situation, agréable ou désagréable, dans le succès comme dans l'échec, dans le gain comme dans la perte. Nous sommes responsables de ce segment de la psyché comme d'un carré de jardin. C'est à nous qu'il appartient d'en retourner la terre et de la fertiliser, d'enlever les pierres et toutes les mauvaises herbes si nous voulons donner une chance à notre vraie nature de fleurir.
Assumer cette responsabilité n'est pas facile, particulièrement à l'égard des souffrances dont nous avons été victimes. Il est bien plus commode de blâmer les autres et d'en vouloir à ceux qui nous ont fait du mal, la haine et le ressentiment étant souvent à la mesure des douleurs infligées. Mais cette attitude doit évoluer, car elle nous détourne des peines qui attendent d'être reconnues et acceptées. II est important de tout mettre en œuvre pour clarifier les situations conflictuelles et douloureuses ; un geste que nous accomplissons avant tout pour nous-mêmes afin de ne pas être constamment pollués par un contenu psychique malsain.
Nos actions, nos motivations et nos décisions sont fortement imprégnées du souci d'éviter les gens et les situations qui nous ont fait souffrir, alors qu'en réalité, nous avons peur qu'ils nous ramènent à une douleur qui vit déjà en nous. Faire face à tout ce qui nous a causé de la peine n'a donc rien d'un acte masochiste ni d'une complaisance dans la douleur, c'est un mouvement responsable et courageux pour accéder à ce que nous avons remisé dans notre subconscient et pour nous en défaire.
Nous aménageons notre vie pour nous préserver de tout ce qui est douloureux et effrayant. Rester seuls, par exemple, pour éviter de nous confronter à nos peurs et à nos blessures est bien plus simple que de relever les défis de la vie de couple. Nous fermer à l'amour et ous « blinder » est plus commode que de faire face à notre malheur.
C'est à nous qu'il appartient d'en retourner la terre et de la fertiliser, d'enlever les pierres et toutes les mauvaises herbes si nous voulons donner une chance à notre vraie nature de fleurir.
Assumer cette responsabilité n'est pas facile, particulièrement à l'égard des souffrances dont nous avons été victimes. Il est bien plus commode de blâmer les autres et d'en vouloir à ceux qui nous ont fait du mal, la haine et le ressentiment étant souvent à la mesure des douleurs infligées. Mais cette attitude doit évoluer, car elle nous détourne des peines qui attendent d'être reconnues et acceptées. Il est important de tout mettre en œuvre pour clarifier les situations conflictuelles et douloureuses ; un geste que nous accomplissons avant tout pour nous-mêmes afin de ne pas être constamment pollués par un contenu psychique malsain.
Nos actions, nos motivations et nos décisions sont fortement imprégnées du souci d'éviter les gens et les situations qui nous ont fait souffrir, alors qu'en réalité, nous avons peur qu'ils nous ramènent à une douleur qui vit déjà en nous. Faire face à tout ce qui nous a causé de la peine n'a donc rien d'un acte masochiste ni d'une complaisance dans la douleur, c'est un mouvement responsable et courageux pour accéder à ce que nous avons remisé dans notre subconscient et pour nous en défaire.
Nous aménageons notre vie pour nous préserver de tout ce qui est douloureux et effrayant. Rester seuls, par exemple, pour éviter de nous confronter à nos peurs et à nos blessures est bien plus simple que de relever les défis de la vie de couple. Nous fermer à l'amour et nous « blinder » est plus commode que de faire face à notre malheur.
Ce n'est qu'en nous exposant encore et encore à l'anéantissement de notre personne que ce qui est indestructible en nous pourra alors se révéler.
Voilà l'enjeu de notre incarnation. En cessant la lutte et en acceptant de faire face à l'intégralité de ce que nous avons enfoui en nous-mêmes, nous nous préparons à délier l'intrigue de la personne pour toucher à quelque chose de plus véridique qui n'a pas besoin d'être protégé par l'ego.
Faire face à la peur:
En acceptant de ressentir pleinement l'irritation, l'énervement ou la gêne sans céder aux injonctions de l'ego, nous franchissons la première ligne de défense. Juste derrière celle-ci, la peur de souffrir se dresse comme un dernier rempart face à la couche de peine, prête à entrer dans notre perception. À l'approche de cette peur, le plexus se noue, la respiration se bloque. Nous contractons nos épaules, notre nuque, la poitrine et le bassin comme autant de diaphragmes que nous refermons pour nous dissocier du corps et de ce ressenti
menaçant.
La peur peut également se manifester face à une sensation ou « énergie » que nous n'avons pas encore reconnue et acceptée, celle-ci n'étant pas nécessairement liée à quelque chose de douloureux. Nous pouvons craindre la puissance de notre colère, de notre amour, de notre sexualité ou même de ce que nous sommes réellement. Il ne s'agit là que d'une seule et même énergie, manifestée sous des formes différentes. Accéder à notre totalité implique de dépasser les peurs, les conditionnements, la morale et les croyances qui entretiennent les séparations, réelles ou illusoires, entre notre conscience et l'Être Authentique.
Lorsque la peur nous envahit, l'ego tente à nouveau de reprendre le dessus, il déploie ses forces dans la bataille et met notre vigilance au défi. Là encore, il est tentant de nous « couper » du ressenti en nous réfugiant dans le mental ou en cédant à nos faiblesses habituelles. Chacun a sa façon de se laisser aller. Certains se complaisent dans l'apitoiement de soi ou dans le confort, l'alcool, la nourriture, la fumée, les divertissements, la facilité, la dépression, l'orgueil ou le renfermement. D'autres s'abandonnent au doute et au déni de soi, à l'impuissance, à la confusion, à la révolte ou aux jeux imbéciles de la personne.
Le plus difficile est d'accepter cette peur et d'y « entrer » consciemment, non pas en luttant contre elle ou en la fuyant, mais en restant présent à soi et en la laissant nous traverser sans réagir ni céder aux automatismes de l'ego. En restant vigilants, nous pouvons observer la peur nous envahir comme un fluide et nous pénétrer de sa vibration si caractéristique. Tout en veillant à ne pas bloquer notre respiration ni à nous figer, nous devons rester ouverts à ce que l'appréhension dissimule.
Si nous pouvons demeurer avec cette peur quelques secondes alors que la veille, cela nous était impossible, nous parviendrons à devenir si intimes avec elle qu'elle provoquera immanquablement l'effondrement de nos drames personnels.
Il nous faut agir ainsi pour réaliser qu'il est possible de lui faire face sans nous opposer à elle, pour découvrir que nous pouvons l'apprivoiser ou nous laisser apprivoiser par elle jusqu'à ce qu'elle perde le pouvoir de nous détourner de la douleur ou de toute autre sensation indésirable.
L'idée n'est pas de nous débarrasser de la peur pour aller plus profondément en nous-mêmes, mais de nous y confronter chaque fois que cela s'avère nécessaire.
Cette peine est une partie substantielle de notre personne et l'un des fragments de notre histoire. Elle est probablement associée à quelqu'un ou à un événement qui lui confère un statut particulier dans notre intimité et dans notre mémoire. Avec le temps, elle est devenue une partie de nous-mêmes et de la personne que nous pensons être et lorsque nous lâchons prise, c'est un pan de notre vie et de notre identité qui s'effondre.
Éprouvés, mais également soulagés et libérés, nous entrons alors dans un espace plus serein ; le calme après la tempête. Même si nous sommes encore dans le sillage de cette douleur et des éléments qu'elle porte à notre connaissance, nous nous découvrons plus ouverts, plus réceptifs et plus aimants. La peur a disparu, comme si elle n'avait jamais existé.
Chaque couche ainsi traversée libère la mémoire des événements figés dans le temps, diminue un peu la masse émotionnelle et permet à notre corps énergétique de se reconstruire après les dégâts que cette douleur a engendrés.
Une couche de peine peut être dissoute en un seul passage, mais généralement, ce processus s'effectue en vagues successives, un peu comme lorsque nous vomissons tout en sachant que d'autres spasmes se préparent à remonter à la surface... La récurrence d'une émotion apparemment similaire à la précédente ne signifie pas pour autant que nous régressons, mais que la douleur n'a pas pu être accueillie dans son intégralité en une seule fois.
Bien qu'intense, chaque vague ne dépasse jamais le seuil de ce que nous sommes capables de tolérer et d'accepter à chaque instant.
Notre mécanisme naturel de protection nous évite d'être atteints par une énergie trop puissante et susceptible d'entraîner des dommages physiques ou psychiques. Il ne faut rien forcer. La détente, le lâcher prise, la patience, la persévérance, la confiance et l'amour sont nos meilleurs alliés dans ce processus. Nous en remettre à la sagesse du corps et à ce que nous ressentons au plus profond de nous prévaut dans cette approche.
Résumé en dix points des étapes clés lors de la remontée d'une couche de peine
- Rester attentifs à ce qui se passe dans notre corps et dans notre ressenti, particulièrement lorsqu'un doigt extérieur
(événement ou personne) vient se poser sur une zone sensible ; - Observer les stratégies de protection et de défense de l'ego.
Résister au désir d'abonder dans leur sens ; - S'arrêter, observer et cesser de lutter ;
- Accepter la peur comme la messagère de notre peine, la laisser nous envahir tout en gardant un « millimètre » de distance (de vigilance) au cœur de ce nuage obscur ;
- Entrer en contact avec la couche de peine, l'accueillir et coopérer avec le mouvement de l'énergie ;
- Rester conscients et présents quoi qu'il arrive. Ressentir pleinement la peine sans la réprimer et sans nous y complaire et veiller à ne pas nous retrancher dans le mental. Si nous ne savons plus quoi faire, nous détendre physiquement et accepter ce qui est en nous ;
- Entourer notre douleur de notre présence bienveillante, sans chercher à l'atténuer et sans nous y attacher. La laisser se dissoudre à la lumière de notre attention consciente ;
- Examiner si d'éventuelles promesses envers nous-mêmes ont été formulées à la suite d'événements douloureux ou traumatisants ;
- En temps voulu, exprimer nos nouvelles intentions, puis les soutenir et les renforcer à travers des actions pratiques ou des rituels privés ;
- Mettre de l'ordre dans notre vie et poser les gestes nécessaires Pour conclure nos actions inachevées, selon ce que dictent notre intuition et les nécessités du moment.
Nous seuls pouvons accéder aux événements douloureux inscrits dans notre mémoire énergétique et nous en libérer. Une aide est souvent nécessaire pour franchir nos résistances. Ce que nous ne voyons pas en nous est souvent perçu beaucoup plus clairement par les autres, particulièrement par ceux qui nous aiment. Tenir compte de ce qu'ils nous disent peut être le premier pas d'un examen plus attentif et plus sincère de nos comportements.
Lorsqu'une couche de peine remonte à la surface, il ne faut pas chercher à en interrompre le cours. Le véritable enseignement est physique et ne s'acquiert qu'en cessant de vouloir constamment contrôler notre expérience intérieure. Le besoin de contrôler et de manipuler notre environnement est le symptôme d'une volonté de nous soustraire à une confrontation avec nous-mêmes. Les stratégies mises en place sont si étroitement liées aux peurs et aux peines qu'il n'est pas possible de décortiquer les unes sans accéder aux autres.
Notre ignorance des forces qui œuvrent en nous est à l'image de notre méconnaissance de celles qui nous manipulent dans le monde.
Les ignorer par manque d'intérêt ou par naïveté ne les empêche pas d'affecter et d'influencer notre vie à tel point qu'il est difficile de parler de liberté.
Pour que nous ne sombrions pas dans la folie, la vérité doit nous être instillée au compte-gouttes, dans une progression respectueuse de l'équilibre entre la raison et l'immensité qui l'entoure. Chaque fois qu'une croyance ou une illusion est démasquée, nous devons également faire face à l'écroulement d'une part de nous-mêmes, et par conséquent de notre sens d'identité, un peu comme une orange qu'on débite quartier par quartier. L'ego s'acharne à les protéger, mais pour tout « chercheur » de vérité et d'authenticité, ces écroulements, bien qu'inconfortables et déroutants, sont des alliés dans la découverte de notre réalité fondamentale.
Lorsque nous déjouons le système de protection de l'ego et que nous nous autorisons à laisser remonter les couches de peine, le voile de notre ignorance commence à se lever. La partie immergée de l'iceberg remonte progressivement à la surface et livre ses secrets. Quand nous nous défaisons des premières couches, ce ne sont pas seulement les peines qui ressurgissent, mais également les mécanismes mentaux qui leur sont associés. Les promesses, les croyances, les décisions et les conditionnements étroitement mêlés aux événements douloureux de notre passé apparaissent plus clairement, comme si un rideau s'était levé sur les coulisses de notre vie intérieure. Au moment où nous nous détachons de ces éléments, la dislocation de la personne peut commencer, car lors de la libération des peines et de tout ce que nous avons tissé autour d'elles pendant des années, quelque chose en nous cède et facilite l'accès à une perception de soi inéprouvée.
Être absorbés par nos pensées ou happés par nos émotions n'est pas anodin, car lorsque les choses tournent mal, nous n'arrivons pas à nous en détacher. Il suffit qu'un événement déclenche des émotions négatives pour que nous soyons entraînés dans la ronde de pensées perturbatrices. Lorsque nous nous surprenons à être « perdus » dans nos pensées ou à lutter contre elles, il est préférable de réorienter systématiquement notre attention vers la sensation corporelle. De cette manière, la présence derrière le cocon grandit dans notre perception et nous permet de briser les identifications au corps, aux émotions et au mental.
En observant la personne tout en restant ancrés dans la sensation corporelle, nous pouvons prendre conscience de ses agissements et de ses manipulations, et ainsi déceler les moments où nous ne sommes pas authentiques. Il devient possible d'identifier nos façons de perdre inutilement notre énergie, celle dont nous avons justement besoin pour gagner en conscience et démanteler le cocon. Nous devenons les témoins de nos fuites et de nos luttes, de nos
gesticulations, de nos manières de nous mettre en valeur, ou au contraire de nous rabaisser.
Le soi émotionnel subsiste en tant qu'entité vivante tant que
nous n'avons pas identifié chacune des facettes qui le
composent. En restant ancrés dans notre présence attentive et dans la sensation corporelle, nous pouvons l'observer et nous en détacher.
Dans le processus de transtormation interieure, la révélation du « vrai », de l'authentique en nous, se fait par défaut à travers une juste discrimination. Avec le recul et un travail approprié, les éléments que nous considérions auparavant comme des parties intégrantes de notre « nature » se détachent et apparaissent comme séparés de nous, même si, durant des années, ils ont, de façon indubitable, fait partie de notre sens d'identité.
Lorsque nous cessons de résister, l'énergie de la vraie nature expose petit à petit le malheur qui vit en nous. Elle le fait encore plus puissamment lorsque nous manifestons notre amour et nous laissons aimer, ou quand nous témoignons notre gratitude face à la vie et acceptons ce qui nous est donné.
Nous défaire de la personne et de son malheur fait l'objet d'un inventaire. Nous traversons une espèce de galerie des horreurs tout en restant bien ancrés sur les rails de la sensation corporelle et de notre présence attentive. Dissoudre nos associations négatives est essentiel pour nous permettre d'entrer dans cette mort psychologique qui nous libère de nous-mêmes. En nous accrochant à nos histoires malheureuses, nous allons à l'encontre du processus. En repoussant le mouvement de l'énergie, nous luttons contre le déploiement de notre vraie nature. Chaque sensation doit être approchée avec courage et conscience, afin que nous ne nous laissions pas détourner par nos automatismes et nos interprétations. Il nous faut faire face à nos fantômes jusqu'à ce qu'ils perdent le pouvoir de nous détourner d'eux et de nous faire rebrousser chemin.
Lorsque nous cessons de résister, l'énergie de la vraie nature expose petit à petit le malheur qui vit en nous. Elle le fait encore plus puissamment lorsque nous manifestons notre amour et nous laissons aimer, ou quand nous témoignons notre gratitude face à la vie et acceptons ce qui nous est donné.
Si nos moments de réelle ouverture nous rendent vulnérables, ils libèrent également un feu vivant, véritable maître d'œuvre d'une « combustion » interne propre à dissoudre la personne. De là, il n'y a qu'un pas pour en déduire que nos ouvertures nous conduisent à des sensations peu agréables et qu'il vaut mieux rester fermés. Si nous apprécions bien naturellement de ressentir des sensations plaisantes, nous ne devons pas pour autant tourner le dos à ce qui l'est moins ou à ce qui échappe à notre entendement.
La peur dissimule des bénédictions que nous découvrons parfois au terme de rudes batailles, lorsque nous arrêtons de lutter contre le mouvement inéluctable qui nous entraîne plus profondément en nous. Incapable de contenir ou d'appréhender la vraie nature, le mental s'agite et lutte contre ce qui le dépasse et s'oppose à l'avènement de notre potentiel le plus élevé, car il est incapable de le reconnaître ou de le contrôler.
Quand nous sommes occupés à rester présents dans l'effacement de nous-mêmes, seules la sensation corporelle et la lumière de notre attention consciente nous permettent d'affronter la tempête et de garder le
cap.
Mourir à nos émotions, à notre passé et à nos attachements équivaut à nous laisser pénétrer par une énergie puissante et dont nous ne savons rien. En épurant notre psyché de ses encombrements, nous entrons dans une dimension plus vaste et libérons un passage dans lequel la Vie pure peut s'engouffrer ; un feu invisible enclin à consumer tout le faux en nous. Attisé par notre désir de liberté, d'absolu, de vérité et de transcendance, ce feu de vie et d'amour va en s'intensifiant, nous pénètre et dissout peu à peu tout ce qui entrave sa progression et son expansion. Il est la Grâce qui vient à notre rencontre de l'intérieur, facilitant la remontée de toutes les obstructions vers la surface, brûlant les entités psychiques qui nous séparent de notre vraie nature et nous permettant d'accéder à une réalité plus grande que cette destruction.
• L'entrée dans le vide de nous-mêmes marque le début de la deuxième phase du processus de transformation intérieure. En nous épurant de nos agglomérats douloureux, la perception du vide s'accroît. Bien que nous soyons apaisés et délivrés d'une bonne partie de nos peines, la personne à laquelle nous sommes encore identifiés ne voit pas ce vide d'un très bon œil. Habituée à la présence des émotions et à l'excitation qu'elles lui procurent, tout lui semble fade et sans couleur.
* Dans ce grand détachement qui ressemble à la mort, on croît en tant qu'être, mais la personne ne le sait pas. Tout ce qui échappe à la raison et à son contrôle représente pour elle quelque chose de négatif qui s'emploie à la détruire.
Lorsque nous traversons la « mort » de notre vivant, nous découvrons une confiance qui n'est plus liée à l'espoir ni au futur, mais ancrée dans la reconnaissance d'une réalité qui transcende la personne.Celles et ceux dont le seul désir est la réalisation d'eux-mêmes ne savent jamais où ils vont.
Ce processus réveille la bravoure qui vit en chacun de nous. De temps à autre, forts d'un courage que nous ne soupçonnons pas, nous défions la peur en l'invitant. Rassemblant nos ressources en un seul point, nous nous laissons envahir par sa marée noire et entrons au cœur de sa glu oppressante, prêts à en découdre avec la mort.
Mais à peine avons-nous levé le voile sur cette dimension que nous le rabaissons, remplis à ras bord d'une Puissance que nous ne parvenons plus à contenir. Le feu monte dans la colonne vertébrale et nous embrase. L'énergie souffle dans notre corps le chaud puis le froid, s'étend et se contracte comme le feu de la forge.
Des secousses sismiques secouent nos chairs et rompent le cordon ombilical qui nous relie à notre passé et à ce que nous avons été. Tel un astronaute lors d'une sortie dans l'espace, nous nous affranchissons des liens qui nous maintiennent au vaisseau mère et nous nous éloignons de lui, silencieusement, pénétrant l'Immensité de nous-mêmes.
Durant cette période, nous n'avons plus goût à grand-chose, et il faut constamment veiller à ne pas sombrer dans la négativité de la personne, qui s'interroge sur le sens de cette aventure et peine à comprendre pourquoi il lui a fallu des années pour se construire alors qu'elle doit à présent disparaître. Face à son impermanence, notre vie semble n'avoir servi à rien. Mais est-ce bien de notre vie dont il s'agit, ou de celle de cette personne que nous pensions être ?
Nous avons hâte « d'accoucher », même si nous ne savons pas encore ce que cela signifie. Notre vie à l'extérieur nous laisse indifférents, car le processus de mort occupe le devant de la scène et absorbe l'essentiel de notre attention. L'illusion de nous-mêmes atteint un seuil critique, se brise et entraîne dans sa chute tout ce que nous avons construit et ce en quoi nous avons cru. Les murs porteurs s'écroulent, et avec eux, toute la structure et la charpente du soi émotionnel.
Puis, un jour, la « vague du siecle » se présente, celle que les surfeurs redoutent mais espèrent. Plus grande et plus puissante que toutes les autres, elle nous engloutit et balaie une éternité de doutes, d'efforts, de frustrations et de malheur. La rencontre en est presque insupportable.
Ancrés dans notre présence silencieuse, forts de tous les instants où nous avons été authentiques, nous passons le chas de l'aiguille et traversons l'illusion de nous-mêmes. La matrice de la personne se déchire, nous livrant, nus, innocents et vulnérables, à une Réalité que nous avons rêvée et qui se présente maintenant, dépouillée de tous nos rêves.
Conclusion:
Nous nous trouvons dans un état de schizophrénie aiguë,
écartelés entre la personne que nous avons été et l'être que nous n'avons pas encore réalisé. Nous sommes fatigués de fondre, d'être confrontés au vide, de perdre nos repères et repoussons, bon gré mal gré, ce qui nous ramène à l'inexorable cessation de nous-mêmes. Notre discipline intérieure consiste à présent à nous ancrer dans la sensation corporelle et à rester silencieux et vigilants dans l'œil du cyclone ; une posture bien difficile à maintenir, tant nous sommes malmenés par les convulsions d'un «moi » à l'agonie.
On ne peut pas penser son chemin vers la vraie nature. Il faut vivre le processus dans son corps, traverser les zones sombres de son « humanité ». Tout est rencontré, le meilleur comme le pire, car ce qui est en nous appartient à la race humaine, et lorsqu'on creuse dans sa propre douleur, on s'aperçoit que c'est la douleur du monde.
Ref.: Darpan
www.Aventure-intérieure.ch
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A l'envers c'est a l'endroit ,.........vous vous en appercevrez a un moment donné !